
Eloignés de la hype et relativement discrets, les Arctic Monkeys ont depuis longtemps évincé la concurrence anglo-saxonne, assez fade. Leur secret ? Sortir des disques toujours aussi bons que les précédents, la maturité en plus.
En fait, si « Suck It And See » semble être le disque le moins « écoutable » du groupe, il n’en demeure pas moins le plus abouti, et de loin. Dans la continuité de « Humbug », les quatre de Sheffield ont opté pour un son plus rude, plus lourd. Dès l’ouverture, She’s Thunderstorms annonce le Arctic Monkeys version 2011 avec une montée en puissance initiée par les deux guitares entremêlées de Turner et Cook. Impeccable.
Moins évidents qu’un Brianstorm, les singles Don't Sit Down 'Cause I've Moved Your Chair et The Hellcat Spangled Shalalala ont tout de même fière allure avec leurs rythmiques stoner et des refrains entêtants.
Seconde voix attitrée, le batteur Matt Helder se charge du chant sur le métronomique Brick by Brick et donne le ton sur l'incroyable Library Pictures qui sonne la révolte post-punk des débuts. Plus mélodiques, les titres Reckless Serenade et Piledriver Waltz confirment les talents d'écriture d'un Alex Turner crédible dans les sujets abordés.
Loin de la spontanéité de Whatever People Say I Am... « Suck It And See » est un bon disque, symbole de l'évolution d'un groupe sûr de lui, parti pour durer. A eux quatre, les Arctic Monkeys n'ont qu'un siècle mais sont devenus en l'espace d'une décennie le meilleur groupe rock actuel, c'est une certitude.
Olivier Cougot
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