Sortie le 17 octobre 2011Plus grand hit-maker des années 90 au sein du groupe Oasis, Noel Gallagher semblait avoir perdu cette plume si aboutie, ultime, qui lui avait permis de rentrer dans la légende. Sûr de ses dires mais plus tout à fait crédible au début des années 2000, le « chief » avait retrouvé son talent mélodique d'antan avec l'âge. Ce talent, entendu sur les deux derniers Oasis, est aussi palpable sur ce premier album solo colossal préparé tout en douceur entre Londres et Los Angeles. Pas de révolution, mais presque.
Un disque plein de classe
Finalement, les deux ans passés après le split d'Oasis n'auront rien changé. Orphelin de ses sbires, le Gallagher en chef prouve une fois de plus que le duel entre lui et son cadet n'a pas lieu d'être — à défaut d'avoir déjà existé — tant l'écart est grand. Tandis que Liam traine le boulet Beady Eye, l'aîné est arrivé sans faire de bruit pour livrer un disque plein de classe.
« Noel Gallagher's High Flying Birds » est un album concept, une sorte de mur du son élaboré à partir de chansons enfouies dans les vieux tiroirs du working class hero. A l'origine, toujours trois accords majeurs plaqués sur une base mélodique ingénieuse, accompagnée d'arrangements symphoniques spectaculaires. Dès l'ouverture, l'homérique Everybody's On The Run prend une tournure chaotique. Attaché à la mélodie parfaite, le natif de Manchester livre un Dream On à reprendre en chœur, comme le tout simplement parfait The Death On You And Me, sorte de contine western orchestrale boostée par un puissant refrain.
Fatalement ancré dans un registre pop, Noel expérimente en mettant des couches de synthés vintage sur le génial Aka... What A Life!, meilleur titre de l'album. Proches de la période où les face-B d'Oasis étaient aussi bonnes — voire meilleures — que les A, Soldier Boys and Jesus Freaks et Aka... Broken Arrow laissent pourtant une impression plus mitigée parmi les pépites proposées, pépites qui se cristalisent sur un (Stranded On) The Wrong Beach orné de guitares seventies. Et à l'épique Stop The Clocks de conclure cette oeuvre colossale sur un final explosif et laborieux.
Alors, chef d'oeuvre? Pas tout à fait. Reste que ce disque est le reflet d'un génie, celui qui avait redonné à la pop anglaise ses lettres de noblesse, il y a 17 ans (Definitely Maybe). Noel Gallagher est là, et pour longtemps.
Olivier Cougot
Noel Gallagher's High Flying Birds
Sour Mash Records
Sortie le 17 octobre 2011
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