
Acteurs d'un mouvement musical original depuis le début des années 2000, les Stupeflip se produisaient hier soir dans un Olympia sold-out pour défendre « The Hipnoflip Invasion ». Un concert débridé, loin des conventions habituelles.
Dans la longue allée de la salle mythique, les spectateurs arrivent au compte-gouttes pendant le set de Boogers, chargé de la première partie. Energique, Stéphane Charasse n'en est pas moins chahuté par un public hostile, impatient de voir les hommes masqués en découdre.
Dans le hall, un constat peu banal. Parmi les fans de Stupeflip, il y a tous les genres. On aperçoit des metalleux vêtus de noir, des ados adeptes de jeans soigneusement troués et des quadragénaires tatoués, nostalgiques de la période Ramones ! Un mix des genres aussi surprenant que la prestation à venir du collectif Punk/Rap.
Masques terrifiants fixés sur la tête, costumes sombres à capuches, les Stupeflip débarquent sur la scène dans une ambiance électrique. Sample balancé, slide de guitare ajusté, le set est lancé. La fosse se dandine, bouge, lève les mains comme dans un concert de hip-hop, l'enfer règne au-dessus du sol bondissant de l'Olympia. Au fil des minutes, le concert se débride, laissant les bonnes manières au groupe Coldplay, venu la veille à Paris ! Sur l'écran géant exposé derrière les planches, un humain parle d'un voix robotique, KingJu crie ses paroles assassines, accompagné de ses fidèles sbires MC Salo et Cadillac, métronomes de l'exercice du soir.Jeu de scène malsain, puissant, réglements de comptes avec la société, les Stupeflip ont un style méchamment osé et tranchent dans le vif. On peut ne pas aimer mais les faits sont là. Ces gars-là sont entiers et assument leur style, c'est déjà pas mal.
Olivier Cougot
[Photos : Jacob Khrist]
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