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    David Grimal – Les Dissonances – Cité de la Musique

    26 février 2012
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    Les Dissonances sont un orchestre sans chef. David Grimal, premier violon, en assure la direction. La disposition instrumentale est traditionnelle avec les premiers et seconds violons à gauche, et les altos et les violoncelles à droite. L’espace dévolu traditionnellement au chef est vide et les pupitres au lieu d’être arrondis se font face. Les bois à l’arrière scène ferment cet espace leur permettant ainsi de voir également les chefs d’attaque de chaque pupitre de cordes.

    Théoriquement, tout le répertoire classique de Haydn à Beethoven leur est accessible. Les musiciens sont jeunes et décontractés, la chemise noire ouverte. C’est une atmosphère qui rappelle les ensembles de musique baroque. L’orchestre est composé de trente cordes (avec un nombre égal d’altos et de violoncelles). Les timbales jouent avec des baguettes en bois et les cuivres sont naturels. L’acoustique de la salle est parfaite pour un orchestre de chambre de cette taille qui occupe bien l’espace de la scène.

    L’Ouverture de Coriolan est attaquée avec une très belle énergie. Les musiciens regardent beaucoup David Grimal. Le chef d’attaque des seconds violons se retourne constamment à l’écoute du premier violon de façon peu commune. À chaque levée, les archets se lèvent bien haut au-dessus des têtes comme le ferait un chef avec sa baguette.
    La Symphonie Pastorale, en fin de programme, est exécutée dans le même esprit. L’engagement des musiciens est formidable. La sonorité est pleine et chaleureusement cuivrée. Le deuxième mouvement est interprété avec sourdine. Le Scherzo est pris dans un tempo vif et les tutti orchestraux ont une belle puissance. Après plusieurs rappels du public, le dernier mouvement est repris en bis.

    En milieu de programme, une œuvre brève de Brice Pauset est donnée en création pour l’effectif exact de la Pastorale telle qu’elle a été donnée ce soir. Peu joué en France depuis une dizaine d’années, date de son exil en Allemagne, Brice Pauset s’inspire dans Maus Frosch d’un Hymne maoïste qu’il déconstruit à la loupe, selon une technique largement éprouvée par Helmut Lachenmann. Différents gestes instrumentaux sont directement empruntés au compositeur allemand comme les coups de baguette sur le corps de la timbale au début de l’oeuvre, ou les sons soufflés aux vents ; plus encore, la pulsation sous-jacente qui passe le matériau musical en répétition comme un effet grossissant. Des superpositions de lignes diatoniques ou chromatiques conjointes se déploient et se répètent dans la deuxième partie. Le résultat n’est pas sans une certaine puissance dramatique. La référence à Mao est bien lointaine, mais la rédaction d’une note de programme est un art que le compositeur français maîtrise aisément. L’oeuvre est dédiée au philosophe slovène Slavoj Zizek.

    Le Quatuor à cordes op.76 n°4 de Haydn est interprété pas le quatuor Raphaël, tous les quatre membres de l’orchestre Les Dissonances. L’alto est à droite face au premier violon. Dans cette disposition de salle, l’acoustique est malheureusement un peu lointaine pour cette formation. La sonorité est toutefois très belle dès le premier thème, y compris dans les dynamiques les plus piano. Les lignes mélodiques sont conduites avec une grande intelligibilité. La performance du premier violon, Pierre Fouchenneret, second violon solo des Dissonances à côté de David Grimal, est particulièrement remarquable. Doté d’une chevelure impressionnante, il se dégage de sa présence une expression intense.

    Les musiciens reçoivent une belle ovation du public.

    David Grimal et Les Dissonances

    Ludwig van Beethoven Ouverture de Coriolan
    Brice Pauset Maus Frosch (Commande de l’Opéra de Dijon et de la Cité de la musique, création)
    Joseph Haydn Quatuor à cordes op. 76 n° 4 « Lever de soleil »*
    entracte
    Ludwig van Beethoven Symphonie n° 6 « Pastorale »

    Les Dissonances
    David Grimal, violon, direction

    Quatuor Raphaël
    Pierre Fouchenneret, violon I
    Pablo Schatzman, violon II
    Arnaud Thorette, alto
    Maja Bogdanovic, violoncelle

    Vendredi 24 février 2012 à 20h
    Tarif : 18€
    Réservation en ligne

    Cité de la musique
    221, avenue Jean Jaurès
    75019 Paris
    M° Porte de Pantin

    www.citedelamusique.fr

    [Crédit Jean-Louis Atlan]

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