Du 13 janvier au 18 avril 2010Fondation Henri Cartier-Bresson
Robert Doisneau, Jeux africains, 1945
© Atelier Robert Doisneau
Longtemps Robert Doisneau a été perçu comme le chantre du pittoresque parisien. Illustrateur de génie, il a su comme personne saisir l’image agréable, l’anecdote inattendue : on a reconnu en lui le professionnalisme et la poésie simple de l’instantané. Mais l’oeuvre de Robert Doisneau est infiniment plus complexe.
L’exposition de la Fondation Cartier-Bresson propose une sélection d’une centaine d’épreuves originales, choisies en majorité parmi les trésors de son atelier et dans diverses collections publiques ou privées. Les images présentées ont été réalisées entre 1930 et 1966 à Paris et dans sa banlieue. Cette relecture tend à montrer comment Robert Doisneau est passé « du métier à l’oeuvre », avec une gravité insoupçonnée, en inscrivant sur la pellicule un monde dont il voulait prouver l’existence.
Le catalogue, publié en français par Steidl est accompagné d’une introduction d’Agnès Sire et d’une relecture mise à jour de l’étude que le critique d’art Jean-François Chevrier avait consacrée à Doisneau en 1983. Cet ouvrage présente un visage inédit du célèbre photographe qui prétendait photographier pour survivre ; l’oeuvre ainsi abordée prend un sens différent, par la sélection remarquable, exigeante et sensible qui est proposée. On percevra naturellement que c’est ce sentiment d’insuffisance de l’enregistrement photographique (..) constitutif d’un art qui procède de l’émotion, qui, allié à un besoin de réalisme, fait la force des images de Doisneau.
C’est toujours en ironisant sur lui-même, que Doisneau abordait son travail, qui n’était pour lui que l’antidote à l’angoisse de ne pas être. Jongleur, funambule, illusionniste pour encore plus de réalisme, tel est le paradoxe trompeur de celui qui voulait « réussir ses tours comme le font les artistes du trottoir », avec la lucidité pudique d’un artiste malgré lui.
Lire aussi la critique sur Artistik Rezo.
Robert Doisneau, Du métier à l’oeuvre
Du 13 janvier au 18 avril 2010
Du mardi au dimanche de 13h00 à 18h30, le samedi de 11h00 à 18h45, nocturne gratuite le mercredi de 18h30 à 20h30. Fermé lundi et jours fériés
Informations : 01 56 80 27 00.
Tarifs : 6 euros, réduit 3 euros.
Fondation HCB
2 impasse Lebouis
75014 Paris
Métro Gaîté (ligne 13) ou Edgar Quinet (ligne 6)
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