Du 19 septembre 2009 au 21 février 2010.
Comédie-Française, salle Richelieu.
"L'Avare" de Molière.
Mise en scène : Catherine Hiegel.
© Cosimo Mirco Magliocca.
L'Avare revient à la rentrée, toujours aussi brûlant d'actualité même quatre siècles après sa création. Comme nous le rappelle, Catherine Hiegel, la metteur en scène, c'est une oeuvre qui « parle et se moque d’aujourd’hui. Molière y dénonce par une comédie féroce nos dérives meurtrières provoquées par le goût de l’argent dans un monde régi par la frénésie financière ».
La pièce.
Harpagon est un obsessionnel. Veuf d’âge mûr, il tousse, crache. Molière, en 1668, déjà malade, s’inspire de L’Aululaire de Plaute et écrit pour lui-même le rôle d’un semi-vieillard malingre. Au cours des quatre années suivantes, il écrira Le Bourgeois gentilhomme, Les Femmes savantes et mourra à l’issue de la quatrième représentation inachevée du Malade imaginaire.
Drame d’une famille disloquée par la folie d’un patriarche égotique, tragédie de l’isolement, de la vieillesse et du pouvoir abusif des pères, L’Avare doit néanmoins faire rire. « C’est la comédie noire de l’argent qui rend fou, qui conduit au crime, au suicide », confirme Catherine Hiegel.
Pour elle, « Harpagon court, rit, danse. Il fête son argent ! L’avare est le personnage heureux d’une farce horrible ! ». Harpagon sacrifie tout ce qui l’entoure à l’objet unique de son attention : sa fortune, son bien placé ou ses pièces d’or enfermées dans sa « cassette ». Il lui sacrifie sa progéniture ou ses domestiques, réduits à la mendicité et au vol, sa maison inconfortable à l’extrême, sa réputation comme son train de vie, sa santé. Il abandonne sa fille à son voisin Anselme, car celui-ci n’en exige aucune dot. Il se laisse dévorer par un désir paroxystique et paradoxal de posséder l’argent, de le saisir, de le manipuler pour ce qu’il représente : la promesse de pouvoir disposer de chaque chose et de chaque être. Il amasse par son argent les probabilités de jouir de tout, mais demeure incapable de passer à l’acte de la dépense et d’en profiter. « C’est une figure pathétique et drôle de Picsou, qui jouit en se jetant dans un bassin de billets de banque ! », dit la metteur en scène.
Metteur en scène.
Entrée dans la Maison de Molière en 1969, devenue en mai 2008 doyenne de la troupe, Catherine Hiegel interprétait la saison dernière Les Métamorphoses, La petite dans la forêt profonde de Philippe Minyana d’après Ovide mises en scène par Marcial Di Fonzo Bo. Catherine Hiegel a présenté lors de la grande tournée de la Comédie-Française dans les pays de l’Est Les Précieuses ridicules de Molière, dirigée par Dan Jemmett, et La Festa de Spiro Scimone, mise en scène par Galin Stoev. À la Comédie-Française, elle a notamment mis en scène Les Femmes savantes, Le Misanthrope, George Dandin de Molière et Le Retour d’Harold Pinter.
Du 19 septembre 2009 au 21 février 2010.
L'Avare mis en scène par Catherine Hiegel.
En matinée à 14h et en soirée à 20h30.
Comédie-Française, salle Richelieu.
Distribution : Dominique Constanza, Christian Blanc, Denis Podalydès, Jérôme Pouly, Pierre Louis-Calixte, Serge Bagdassarian, Marie-Sophie Ferdane, Benjamin Jungers, Stéphane Varupenne, Suliane Brahim.
Place Colette, Paris 1er.
location : 0825 10 1680.
Plus de renseignements sur le site.
Bus : lignes 21, 27, 39, 48, 67, 68, 69, 81, 95.
Métro : Palais Royal Musée du Louvre (1 et 7),Pyramides (7 et 14).
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