Du 23 juin au 31 juillet 2010Théâtre de la Madeleine
La recherche de l'oubli, la nostalgie du savoir que nous n'aurons jamais, le sentiment de notre infirmité et du miracle de toute chose, font du personnage du Solitaire un être qui a la grâce, un mystique pas tellement loin de Pascal.
À trente-cinq ans, il est temps de se retirer de la vie. C’est du moins ce que pense le personnage du Solitaire, le premier et l’unique roman d’Eugène Ionesco. Un héritage soudain lui permet d’abandonner un travail médiocre et ennuyeux qu’il faisait, plutôt mal, dans un bureau anonyme. Il ne lui reste plus, désormais qu’à essayer de goûter la vie, c’est-à-dire, pour lui, de faire l’apprentissage de la mort. Il achète un appartement, qui ressemble à tous nos appartements, déjeune tous les jours au même restaurant, semblable à tous les restaurants. Ne cesse de s’étonner de l’agitation de ses congénères, de leur capacité d’oubli, de s’étonner surtout qu’on puisse avoir des opinions, des goûts ou des passions.
Son existence se partage entre le beaujolais de midi et demi, la femme de ménage du matin, le beaujolais de midi et demi le lendemain. D’où vient pourtant que cet individu banal et condamné est aussi un être qui a la grâce ? La recherche de l’oubli, la nostalgie du savoir que nous n’aurons jamais, le sentiment également fort de notre infirmité et du miracle de toute chose, lui donnent une dimension mystique. Il assistera éberlué à une sorte de guerre civile qui ressemble en même temps à du Pascal et à du Grand-Guignol, verra s’écouler le temps, toujours le temps, et le roman s’achève sur une vision éblouie, ou hallucinée, du monde qui s’écroule, ou bien parvient, enfin, à détruire ses limites et accède à l’éternité.
Dans une langue simple, à ras des choses, on trouve ici une force dramatique, voire tragique, qui est celle des grandes pièces de théâtre d’Eugène Ionesco. Il s’agit à la fois d’un conte, d’un roman aussi, qui sait raconter une histoire en racontant celle des hommes qui n’en ont point, et du testament spirituel de l’auteur de Tueur sans gages.
Lire la critique sur Artistik Rezo.
Le Solitaire
D’Eugène Ionesco
Avec François Marthouret
Mise en scène Jean-Louis Martinelli
Montage texte Jacques Maitrot et François Marthouret
Décor Gilles Taschet
Lumières Jean-Marc Skatchko
Son : François Sardi
Du 23 juin au 31 juillet 2010
Du mardi au samedi à 20h
Informations : 01 42 65 06 28
Prix : 20 € tarif unique / 10 € étudiants et - de 26 ans
Réservations : 01 42 65 07 09 / 0 892 68 36 22 (0.34 €/mn) ou sur le site du théâtre.
Théâtre de la Madeleine
19 rue de Surène
75008 Paris
www.theatremadeleine.com
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