
La comédienne Madeleine Marion, pensionnaire de la Comédie française, est morte mercredi 10 mars 2010. Quels meilleurs mots que ceux de l'administrateur général de la Comédie française pour lui rendre hommage ?
« Cette grande femme à la voix chaude, aux yeux de velours était l'amie de tous. Sa voix respirait Claudel naturellement et ses accents chantants modulaient toujours singulièrement les textes. Elle fut le professeur attentif, adoré de beaucoup d'entre nous, sachant donner confiance à l'élève qu'elle suivait, lui apprenant le souffle et le déploiement. Mado la généreuse, Mado la grande !
Entrée à la Comédie-Française en 2002, elle était devenue très vite l'aînée merveilleuse, passant de la maman à la nounou, avec une personnalité grave et aérienne, une voix presque masculine qui remontait dans les aigus tout en tendresse.
Elle fut l'élève de Béatrix Dussane au Conservatoire de Paris dans les années 1950, développant un talent particulier pour la tragédie.
En 1960 elle était dans Les Trois Sœurs de Tchekhov mises en scène par Sacha Pitoëff et elle devait être notre Anfissa prochainement dans la mise en scène d'Alain Françon. Sa carrière jamais interrompue lui fit rencontrer Jean-Pierre Vincent, Julie Brochen, Robert Wilson, Jean Négroni, André Wilms...
Très proche d'Antoine Vitez, elle joua souvent auprès de lui, et notamment la nuit dense à Avignon du Soulier de satin en 1987.
La troupe est en deuil à nouveau d'une immense artiste, d'une amie et d'une si belle âme. »
Muril Mayette,
Administrateur général de la Comédie française
[Visuel : © Cosimo Mirco Magliocca]
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