Jusqu'au 2 mai 2009
Théâtre des Déchargeurs
Un cri d’amour et de tolérance que Wilde lance dans le silence...
En entamant une relation avec un jeune étudiant d’Oxford, Oscar Wilde devient la cible d’une société moralisante. La loi anglaise, à cette époque, ne badinant pas avec l’homosexualité, le condamne à deux ans de travaux forcés.
Le De Profundis est une longue lettre que Wilde écrivit à son amant Bosie lors de son incarcération. Il y relate les circonstances qui ont précédé sa chute, ses conditions de détention, et les espoirs qu’il nourrit pour sa libération. C’est un cri d’amour et de tolérance qu’il lance dans le silence pour rester un homme.
C’est un homme qui a tout perdu, cela aurait pu être vous, cela aurait pu être moi... Mais c’était Wilde. Alors, pour échapper à la folie, à l’isolement et au silence, il écrit une longue lettre avec cette plume qu’on lui connaît. Il est devenu, comme lui-même l’a dit, un « bouffon de la douleur, un clown au coeur brisé », quelque chose de fragile et émouvant, un peu comme ces autoportraits d’Egon Schiele. Le jeu est intérieur, pudique, contenu, naturellement porté par le souffle. C’est le retour sur lui-même d’un homme qui n’a plus de contacts avec le monde extérieur, excepté quelques sons étouffés par les murs de la prison et le souvenir des mélodies irlandaises de son enfance. Wilde découvre qu’à vouloir bousculer les préjugés et l’hypocrisie d’une société moralisante, on peut finir laminé au fond d’un cachot, si cette société décide de « faire un exemple pour l’édification d’un monde philistin ». A travers ses conditions de détention, le spectateur, à son tour, découvre que les châtiments infligés par une société sont parfois pires que les crimes pour lesquels les condamnés sont punis.
Ce spectacle nous présente le dénuement, dans une mise en scène dépouillée, presque une épure. A partir de rien, un univers poétique est créé : un mouchoir devient une fleur dans le désert, la couverture du prisonnier devient la cape du « Roi de l’Art, » un carré de poussière, les murs d’une cellule... tous deviennent les vestiges d’une vie ruinée.
Ce spectacle nous présente le dénuement, dans une mise en scène dépouillée, presque une épure. A partir de rien, un univers poétique est créé : un mouchoir devient une fleur dans le désert, la couverture du prisonnier devient la cape du « Roi de l’Art, » un carré de poussière, les murs d’une cellule... tous deviennent les vestiges d’une vie ruinée.
Grégoire Couette
Une pièce adaptée et mise en scène par Grégoire Couette.
Interprété par Jean-Paul Audrain.
Musique
Alain Jamot
Lumières
Vincent Lemoine
Costume
Louisette Pierret
Jusqu'au 2 mai 2009
Du mardi au samedi à 21h30
Infos et résa au théâtre : 0892 70 12 28 ou www.lesdechargeurs.fr
Théâtre Les Déchargeurs (Salle Vicky Messica)
3 rue des Déchargeurs
75001 Paris
Métro Châtelet
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