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Agatha de Marguerite Duras – Café de la Danse

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Agatha de Marguerite Duras – Café de la Danse

De Marguerite Duras

Mise en scène de Hans Peter Cloos

Avec Florian Carove et Alexandra Larangot

Du 7 septembre au 7 octobre 2017

Du mardi au vendredi à 20h30
le samedi de 17h et 20h30
le dimanche à 16h30

Plein tarif : 30€
Tarifs réduits et étudiant : 20€

Réservation en ligne

Café de la danse
5, passage Louis-Philippe
75011 Paris
M° Bastille

www.cafedeladanse.com
FBcafe.deladanse

Du 7 septembre au 7 octobre 2017

La provocation est dans le monde. Non seulement depuis, mais également bien avant Shakespeare, la force de l’amour et ses conséquences sont encore et toujours matière à histoires. Prenons « Agatha » : Elle – Lui – L’amour – Ils sont frère et sœur – Le secret – L’inceste, alors la provocation …

« L’inceste ne passe pas le seuil des maisons. Clos sur lui-même. Il se passe dans une famille, complète- ment enfermé dans le ghetto de la famille. Comme pour beaucoup de gens – et je le sais, parce que j’ai eu des frères. Plus grands. J’ai eu des frères plus grands qui avaient le désir de moi, de leur soeur, comme j’ai eu le désir d’eux. Et ce désir a été vécu. Il n’a pas été poussé jusqu’au bout, mais il a été vécu, très violem- ment. Surtout entre mon petit frère et moi. Par ailleurs, je pense que si je devais traiter ce sujet, je serais submergée par l’érotisme, par la violence érotique de l’équation de l’inceste. Je crois qu’on ne peut pas aller plus loin. « Chambre hallucinatoire » c’est l’expression pour désigner le lieu de l’inceste. Je pense que c’est Agatha (le personnage) qui a découvert l’inceste, lui ne l’aurait pas fait, il n’était pas capable de le découvrir. C’est là la force incommensurable de cette petite fille, Agatha… » dit Marguerite Duras à Jean-Luc Godard.

« Dans l’inceste, il y a le tout du désir, et le tout de l’amour. Aucune passion ne peut remplacer celle de l’inceste. L’inceste, ça ne se reproduit jamais avec d’autres gens. Parce que c’est une double donnée, juste- ment, c’est un amour et c’est la mémoire. »

Pour moi, une évidence, faire la mise en scène d’une pièce écrite il y a presque quarante ans, avec de tous jeunes comédiens, signifie faire le grand écart.

Hans Peter Cloos

« Dans toute son oeuvre Marguerite Duras fait vivre des amours impossibles. Du barrage contre le Pacifique à Yann Andréa Steiner, en passant par Agatha, elle plonge sa plume dans sa propre vie. Nostalgie d’une enfance où tout était sensualité, fascination des fleuves et des images qui s’y reflètent, musique inséparable du corps, omniprésence de la mère et absence du père, elle plante ici le décor dans lequel se joue la violence et l’intensité d’un amour interdit, un de ceux qui ne meurent jamais. On n’invente pas l’inceste. Elle la soeur et Lui le frère se retrouvent pour se séparer encore. Ils se vouvoient, ils se tutoient. Leur secret est si dense qu’ils prennent tout de l’autre et d’eux-mêmes. Sans se toucher, non, par la parole, le regard, l’attirance, le désir, la douleur. Désir ensorcelant. Douleur « adorable de ne jamais se tenir ». Pourquoi eux ? Pourquoi frère et soeur ? magnificence du destin des interdits. Ambiguïté, besoin et peur de se quitter, peur de mourir de l’absence. Besoin de revivre ce qui fut, de le revivre par la bouche de l’autre, cette bouche qu’ils n’ont pas connue. Lui sera plus tard Ernesto dans la pluie d’été, Elle sera Jeanne. Lui est son frère, Elle est Marguerite. Marguerite Duras qui, lors du tournage du film d’Agatha, affirme qu’un amour mort est la seule chose au monde qui donne un avant-goût de la mort. Ambiguïté de l’amour incestueux, indéfectible et mortel de ne pouvoir vivre dans la lumière. Il perdure dans les ténèbres du fond de la mer, là même où ils craignent tant que l’Autre se perde. Et puis il y a l’écriture parlée de Duras, celle qui ne connait pas le sas des gestes banals qui mène à la vie permise, celle du ressenti, celle des luttes, lutte entre ces amours qui coexistent, celui per- mis vécu et celui coupable caché, lutte entre la mort de la vie et la mort de la séparation. Entre ce qui laisse une trace et ce qui n’en laisse pas. »

Jean-Pierre Dolige

L’auteur 

Marguerite Duras – nom de plume de Marguerite Donnadieu – est une écrivaine, dramaturge, scénariste et réalisatrice française, née le 4 avril 1914 à Gia Định1 (près de Saïgon), alors en Indo- chine française.

Par la diversité et la modernité de son oeuvre, qui renouvelle le genre romanesque et bouscule les conventions théâtrales et cinématographiques, elle est un auteur important de la seconde moitié du XXe siècle, quelles que soient les critiques qui aient pu être adressées à ses oeuvres. En 1950, elle est révélée par un roman d’inspiration autobiographique, Un barrage contre le Pacifique.

Associée, dans un premier temps, au mouvement du Nouveau Roman, elle publie ensuite régulièrement des romans qui font connaître sa voix particulière avec la déstructuration des phrases, des personnages, de l’action et du temps, et ses thèmes comme l’attente, l’amour, la sensualité féminine ou l’alcool : Moderato cantabile (1958), Le Ravissement de Lol V. Stein (1964), Le Vice-Consul (1966), La Maladie de la mort (1982), Yann Andréa Steiner (1992), dédié à son dernier compagnon Yann Andréa – qui, après sa mort, deviendra son exécuteur littéraire – ou encore Écrire (1993).

Elle rencontre un immense succès public avec L’Amant, prix Goncourt en 1984, auto-fiction sur les expériences sexuelles et amoureuses de son adolescence dans l’Indochine des années 1930, qu’elle réécrira en 1991 sous le titre de L’Amant de la Chine du Nord. Le film sera adapté au cinéma par Jean-Jacques Annaud en 1992.

Elle écrit aussi pour le théâtre, souvent des adaptations de ses romans comme Le Square paru en 1955 et représenté en 1957, ainsi que de nouvelles pièces, telle Des journées entières dans les arbres en 1968, India Song en 1973, L’Eden Cinéma en 1977, Agatha en 1981, Savannah Bay en 1982, La Bête dans la jungle, d’après Henri James en 1984, La Musica deuxième en 1985.

Pour le cinéma, elle écrit en 1959 le scénario et les dialogues du film Hiroshima mon amour d’Alain Resnais, qui lui vaut d’être nommée pour l’Oscar du meilleur scénario original à la 33e cérémonie des Oscars et dont elle publie la transcription en 1960. Elle réalise elle-même des films originaux comme India Song, en 1975, avec Delphine Seyrig, Le Camion, en 1977, avec Gérard Depardieu, ou encore Les Enfants, en 1985, avec Daniel Gélin.

Marguerite Donnadieu, dit Marguerite Duras s’est éteinte le 3 mars 1996 à son domicile parisien de Saint-Germain-des-Près.

Le metteur en scène 

Né dans les faubourgs de Stuttgart. Formation de comédien à la Kammerspiele de Munich. Commence à pratiquer le théâtre à la Mama New York. Fondateur du groupe théâtral indépendant le plus important de la République fédérale d’Allemagne des années 70 : « le Rote Rübe ». On a pu voir en France « Terror », « Paranoïa » et « Amour, Mort,Hystérie ». Il présente 1979 aux Bouffes du Nord – Paris « Die Dreigroschen Oper » de Brecht/Weill – Prix de la Critique 1979. Il explore et illustre quelques oeuvres-clefs du théâtre allemand contemporain, des années 2O aux racines de l’écriture moderne, avec Fleisser, Horvath, Wedekind et Brecht…des Opéras et des oeuvres contemporaine, avec H. Ach- ternbusch, T. Brasch, E. Jelinek, Heiner Müller et Harald Mueller…et des classiques avec W. Sha- kespeare, Goethe, Molière, Lautréamont… Il vit à Paris depuis 1979 et travaille en France, en Allemagne, au Japon et en Angleterre.

La distribution

Alexandra Larangot

Après avoir suivi les Cours Florent et participé au Festi- val l’Aria en Corse avec Robin Renucci, elle débute au théâtre dans Agatha.

Florian Carove

Le comédien autrichien, fait ses études au Conservatoire National Supérieur de Vienne.
Pendant sa formation, il débute à l’âge de 18 ans dans le rôle de Mowgli dans « Le livre de la jungle » au Théâtre de la ville de Klagenfurt.
Après ses études il devient pour trois ans sociétaire du théâtre Phoenix à Linz où il interprète des rôles comme Roméo dans « Roméo et Juliette », ou Pozzo dans « En attendant Godot » ou Christian dans « Cyrano de Bergerac ».
En 2001 il retourne à Vienne avec le rôle de Hamlet dans la création de Howard Barker’s « Gertrude ( Le cri ) ».
Suite à ce travail, le metteur en scène australien Barrie Kosky engage le jeune comédien en 2002 pour trois ans au Schauspielhaus Vienne. La collaboration avec Kosky est un grand tournant dans la carrière de Florian Carove. Il joue dans des grands succès comme « Poppea », « Le souffle perdu » ou « Les Contes d’Hoffmann ».
L’acteur travaille dans le Berliner Ensemble, le Festival d’Edimbourg, le Grand Théâtre de Luxembourg, et le Melbourne Arts Festival.
En 2006, il interprète le rôle de Gwendolen dans « L’importance d’être constant » de Oscar Wilde dans le Theater in der Josefstadt à Vienne ou il obtient pour son interprétation une nomination pour le NESTROY PREIS (Prix théâtral d’Autriche) dans la catégorie de la meilleure révélation.
En 2008, l’acteur réalise son rêve et s’installe à Paris où il fait la connaissance de Hans Peter Cloos durant un stage. Quelques mois après, il obtient son premier rôle en France. Il s’agit de la pièce « Saleté » de Robert Schneider dans une mise en scène de Hans Peter Cloos au Théâtre des Mathurins. La presse française est unanime.
En 2009, le comédien part en Australie où il interprète Sénèque dans « Poppea » à l’Opéra de Sydney, dans une mise en scène de Barrie Kosky.
En 2010, il joue au théâtre de la ville à Klagenfurt « Les brigands » de Friedrich Schiller dans une mise en scène de Stephanie Mohr.
En 2011, il reprend « Saleté » de Robert Schneider dans le cadre du Festival du théâtre contemporain « Les Théâtrales Charles Dullin » à Orly. Le travail sur « Egmont » de Beethoven, avec l’Orchestre National de Lille est pour le comédien la première collaboration avec Eveliono Pido.
En 2013, il obtient le premier rôle dans le long métrage français « Boys like us », réalisé par Patric Chiha.
Entre 2012 et 2016, il travaille entre théâtre et cinéma en Autriche, dont « La carte et le territoire » de Michel Houellebecq, « La comédie dans le noir » de Peter Shaeffer, « Maria Stuart » de Schiller, « Macbeth » de Shakespeare et pour la télévision : « Altes Geld », « Soko Donau », « Cops- tories ».
Avec « Agatha » de Marguerite Duras il retrouve Hans Peter Cloos et revient après six ans sur une scène française.
En 2017 il rejoint le Bronski und Grünberg Théâtre à Vienne ou il joue dans les créations « My funny Valentino » de Dominic Oley et « Le joueur » de Dostoïevski.
Après Agatha il retournera au Theater in der Josefstadt à Vienne ou il travaillera avec le metteur en scène Günter Krämer dans une nouvelle création de Marie Stuart de Schiller.
Ensuite il retrouvera la jeune metteur en scène française Lorraine de Sagazan dans Oncle Vania de Tchekhov, également à Vienne.

[Sources : © communiqué de presse]

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