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Henri Barande – Nice To Be Dead – ENSBA

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L’ENSBA, lieu de transmission ayant toujours témoigné d’une grande liberté et singularité, devient, pendant quelques semaines, l’écrin d’une œuvre à part qui s’est construite hors du système. Longtemps dans le silence, celle-ci est enfin révélée au public français.

L’artiste propose une vingtaine de peintures, toutes de même hauteur (2,15 m), assemblées de façon éphémère en diptyques ou triptyques dans une présentation qu’il définit comme installation in situ.

Le titre de l’exposition : « Nice To Be Dead » fait référence à la chanson d’Iggy Pop, à ce fameux hymne à la joie et à la jeunesse : « Nice to be dead, nice to be underground !… ». La représentation de la mort est en effet exprimée et pensée par Henri Barande de manière distante, neutre et jubilatoire.

Dès son enfance, l’artiste modèle une matière faite de mie de pain, de sable, d’algues et de terre. Naîtront alors des milliers de petits objets, corps et têtes, dans une matière organique qui souvent ne résiste pas au temps. Au début des années 90, la peinture prend le pas sur la sculpture : celle-ci, devenue absente, apparaîtra dès lors sous la forme d’images dans la peinture.

Homme de culture, passionné de philosophie et de littérature, Henri Barande crée ses images à partir de ses propres dessins et photographies, mais se saisit également du monde pour le traiter comme document. Il puise ainsi ses motifs dans l’histoire de l’art, l’histoire de l’humanité et celle de ses écritures.

Parmi ces milliers d’images, certaines sont choisies pour être agrandies. L’œuvre originale est projetée sur la toile et ses couleurs reconstituées en peinture acrylique sont posées manuellement. La facture lisse (aucune trace de pinceau n’est perceptible) crée un effet inattendu de tissus sérigraphiés. Les figures, exemptes de matérialité, s’apparentent à des empreintes. La technique picturale aboutit à une mise à distance du réel.

Chaque fragment devient sujet unique. Les tableaux étant juxtaposés bord à bord dans une seule ligne qu’il imagine sans fin, des éléments figuratifs à la limite de l’abstraction jouxtent des éléments abstraits à la limite d’une figuration : corps, crânes, figures animales, vanités, icônes, textes, traces, motifs de toutes sortes, hyperréalistes ou pixelisés, monochromes purs… offrent ainsi au regard l’horizontalité d’un ensemble créatif très vaste, livré comme autant de vestiges d’un temps perdu élevé à la lumière d’un temps retrouvé.

ENSBA – Galeries d’exposition
13, quai Malaquais – 75006 Paris
M° Saint-Germain-des-Prés (ligne 4)
Bus : 24-27-39-63-70-86-87-95-96

[Visuel joint : © H. Barande / Photo : F. Bertin]

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