Du 17 juin au 27 septembre 2010Musée Marmottan
La paternité d’ « Impressionniste » revient à Louis Leroy dans le numéro du Charivari du 25 avril 1874. L’origine en est la toile Impression, soleil levant. Claude Monet, par sa manière de peindre – touches et couleurs fragmentées pour traduire les vibrations de la lumière – révolutionne la peinture. Mais une révolution en cache toujours une autre. Monet n’est pas seulement le père de l’Impressionnisme, c’est le précurseur de l’abstraction lyrique. Ses dernières œuvres le prouvent.
« Cà et là, à la surface, rougissait comme une fleur de nymphéa au cœur écarlate, blanc sur les bords tandis qu’un peu plus loin, pressées les unes contre les autres en une véritable plate-forme flottante, on eût dit des pensées des jardins qui étaient venues poser comme des papillons leurs ailes bleuâtres et glacées sur l’obliquité transparente de ce parterre d’eau ; de ce parterre céleste aussi ( …) »
Marcel Proust en 1913 prête à Elstir, personnage fictif, l’art de Claude Monet. Un Claude Monet qui, au fur et à mesure qu’il vieillira se claquemurera dans sa propriété de Giverny, reproduisant à l’infini son bassin aux nymphéas. Le Musée Marmottan qui possède un ensemble de toiles du peintre absolument unique s’est associé avec la Caja Madrid et le Musée Thyssen-Bornemisza pour réfléchir sur le rôle précurseur du dernier Monet.
Riopelle, Bazaine, Kandinsky
Fini le modèle, l’objet de la représentation, la photographie est là pour cela ! Ce qui compte maintenant c’est la peinture elle-même dans le geste de peindre, autrement dit sa matérialité, sa touche, sa teinte. Le motif n’a plus lieu d’être. Et l’artiste se livre à une orgie de couleurs, parfois subtiles. Il est vrai qu’avec Les Nymphéas le ciel se confond à l’eau et aux branches rouges de fin d’automne.
Jacques Taddéi, directeur de Marmottan, a raison de dire : « Par cette part de subjectivité (…) Monet ouvre résolument une voie vers la modernité. » Et ce sont les Américains – ces modernes-là – qui le redécouvrent en 1950. Ainsi les toiles de Monet exposées ici voisinent avec des œuvres abstraites contemporaines (Riopelle, Bazaine, Kandinsky, Pollock, Rothko), histoire de montrer leur filiation avec le Maître. Cet accrochage n’est pas toujours réussi qu'on le souhaiterait; mais quand il l’est, c’est un émerveillement. Comme avec le peintre chinois Zao Wou-Ki, tout en transparences vertes et jaunes. Beauté de Nicolas de Staël dans ses tons favoris, blanc, gris et bleu (Paysage méditerranéen) en droite lignée de La Cabane à Trouville ! Et que dire de "Schein" (Clarté) de l’Allemand Gerhardt Richter ? Son étendue d’eau n'est que luminescence.
Pierre Bréant
Monet et l'abstraction
Du 17 juin au 27 septembre 2010
Du mardi au dimanche de 11h à 18h
Nocturne le mardi jusqu’à 21h
Fermé le lundi
Ouvert le 14 juillet et le 15 août
Plein tarif : 9 euros // Tarif réduit : 5 euros // Gratuit pour les moins de 8 ans
Musée Marmottan Monet
2, rue Louis-Boilly
75016 Paris
M° Muette ou RER Boulainvilliers
www.marmottan.com
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