Du 4 avril au 21 juin 2009
Fondation Cartier
Photographie
© William Eggleston
Paris. Maintes fois filmée, chantée, racontée ou photographiée, la capitale française semble ne plus renfermer le moindre secret. Pourtant, ce sentiment de déjà-vu disparaît progressivement lorsque notre œil s’attarde sur les clichés de William Eggleston. En sublimant le quotidien de la ville, l'Américain la réinvestit de toutes ses nuances, dans une esthétique naturellement poétique.
L’art de l’instantané
Initié par la Fondation Cartier, le projet – amené à se poursuivre – aura nécessité trois années de travail et quatre séjours au cœur de la capitale. Quatre séjours au rythme des saisons et des surprises dont elles regorgent. Eggleston ne s’encombre pas de la mièvrerie souvent ambiante lorsqu’il s’agit de Paris. Le photographe insuffle de l’originalité dans l’ordinaire des rues. Passants, tags, poubelles, objets abandonnés, reflets dans les vitres et l’eau, tout est prétexte à presser le déclencheur. Les corps se marient dans des compositions au cadrage abstrait, fait de visages coupés et de conjonctures inédites.
Photographie démocratique
Lorsqu’il capture l’instant pour le transcender, le créateur s’attache à faire dialoguer les sujets entre eux, sans que l’un ne prenne le pas sur les autres. Ainsi, animés ou non, les éléments importent pareillement et s’équilibrent parfaitement. Le potentiel des détails, à première vue anodins, est pleinement exploité : ils investissent l’espace, donnant au cliché une nouvelle dimension. Le contraste harmonique des formes, des textures, des couleurs chatoyantes et des perspectives résonnent avec les jeux d’ombre et de lumière. William Eggleston se plaît aussi à travailler sur les séries avec des poissons en rang dans un bac de glace ou encore des motifs qui se répètent.
Un regard étranger
La sobriété de la scénographie de ‘Paris’ reflète la démarche de son auteur. L’ambiance feutrée du salon aménagé avec fauteuils et piano – instrument dont joue l’artiste – et les salles épurées de tout accessoire superficiel permettent d’embrasser la puissance des images exposées. Le parallélisme établi entre les épreuves et les illustrations du photographe renforce son goût de l’abstraction. Des carnets de dessins s’étalent également, montrant l’influence de Kandinsky - son héros en matière de peinture - sur son travail. Seul regret au fil de l’exposition, l’absence d’indications des lieux figurants sur les œuvres, ceux-ci étant inscrits en vrac sur l’un des murs du salon.
Mais l’initiative s’inscrit dans l’approche de William Eggleston, déambulant au hasard des rues de Paris pour immortaliser la beauté de la vie urbaine.
Mélanie Grenier
William Eggleston : Paris
Commissaire général : Hervé Chandès
Du 4 avril au 21 juin 2009
Ouverture : tous les jours sauf lundi de 11h à 20h
Nocturne le mardi jusqu’à 22h
Tarifs : de 4,50 à 6,50 euros.
Renseignements au 01.42.18.56.50
Fondation Cartier pour l'Art contemporain
261 boulevard Raspail
75014 Paris
Métro : Raspail
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