
Galerie Paris-Beijing
Du 25 février au 10 avril
Photographie - art contemporain
Découvert à la 40e édition des Rencontres d’Arles avec ses « Phantom Landscapes », Yang Yongliang est présenté à la galerie Paris-Beijing du 25 février au 10 avril 2010 pour une exposition nommée « Heavenly City ».
Yang Yongliang s’est formé auprès d’un grand maître de calligraphie chinoise. La France le connaît d’abord par ses paysages fantomatiques, vastes montagnes embrumées qui révèlent aux regards plus attentifs des immeubles entassés par des velléités urbanistes. Aux côtés de ces « Phantom Landscapes » est présentée la série des « Heavenly City ». Reprenant dans ces nouveaux travaux le principe du shan shui, peinture traditionnelle chinoise qui utilise la figuration des montagnes et de l’eau comme support de méditation, l’artiste place à présent ses villes, réduites à des échangeurs d’autoroute, dans de véritables plateformes nuageuses.
Présentées comme des photographies, les œuvres sont bien plus une nouvelle manière de peindre, comme le revendique l’artiste qui retouche ses clichés sur ordinateur en nouveau calligraphe cybernétique. Le fil rouge de son travail est cette ambivalence d’un pays encore pénétré de ses très fortes traditions qui ont fait la puissance de la civilisation chinoise, mais qui se met au pas de la mondialisation pour le meilleur et pour le pire. L’évanescence de ces paysages renvoie ainsi à la fragilité d’un monde mis à mal par une modernité agressive.
Pris dans un fascinant et irrépressible mouvement d’ascension hélicoïdal, les nuages sont baignés d’une lumière venue d’ailleurs : des cieux ? Sommes-nous à la création du monde ou à sa destruction ? Les colonnes de fumée s’élèvent telles des tours de Babel ; mais, comme pour déjouer cet espoir d’un langage unique et univoque, les nuages prennent aussi la forme de champignons atomiques. Pour le meilleur et pour le pire. Et voilà à nouveau cette ambivalence qui est d’abord celle des formes et du langage. Par sa nature même changeante, le nuage est ardu à fixer dans un sens unique. Il s’accorde bien avec la langue chinoise qui joue sur les homonymies. En jouant constamment sur les codes de représentation, Yang Yongliang nous pousse à nous interroger sur la double nature des choses et la possibilité de la contradiction.
La découverte d’un univers fascinant où la réflexion se mêle à une indubitable beauté.
Viviane Saglier
« Heavenly City » - Yang Yongliang
Du 25 février au 10 avril
Du mardi au samedi de 11h à 19h
Informations : 01 42 74 32 36
Entrée libre
Galerie Paris-Beijing
54, rue du Vertbois
75003 Paris
Metro : Arts et métiers
www.parisbeijingphotogallery.com
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