Du 16 avril au 22 août 2010
Musée Rodin
Art contemporain
Le musée Rodin propose une exposition du sulfureux Wim Delvoye connu pour ses œuvres cinglantes et radicales. De la machine Cloaca aux cochons tatoués, l’artiste Belge détonne toujours dans le milieu de l’art. C’est pourquoi l’introduire dans un lieu aussi bienséant que le musée Rodin interroge sur la mise en relation possible entre l’art du sculpteur et celui du plasticien. L’éloignement des générations ne dispense peut-être pas de quelques points communs.
En résonnance à l’exposition Rodin et les arts décoratifs, les pièces ornementales de Wim Delvoye sont d’une ironie grinçante. Inspiré par les portes de l’enfer, sculptées à l’entrée de l’atelier de Rodin, l’artiste belge en fait une maquette à l’effigie de Monsieur Propre ! Toutefois, parmi les nombreux visiteurs s’arrêtant devant la pièce, aucun n’ose s’indigner, personne ne s’exclame « c’est de l’art ça ? ». Car l’ornement en acier, découpé au laser, s’adonne à un apparat traditionnel qui renvoi aux arts décoratifs tant appréciés du plus grand nombre. Les codes de l’art ancien se confondent avec ceux des images populaires actuelles, laissant le promeneur sans voix.
Pourtant si nombreux sont les partisans du geste et de la manière de faire, Wim Delvoye ne cache en aucun cas le caractère industriel de ses œuvres, affirmant l’emploi d’artisans à son service pour produire ses pièces. En cela il ne contredit pas la manière de faire de Rodin. Lui aussi s’entourait de nombreux exécutants à son service. Son célèbre chef-d’œuvre, le Baiser

fut notamment taillé par son assistant Jean Turcan, et Rodin jugea qu’il s’agissait d’un « grand bibelot ». Par ailleurs il soutenait que tout ce qui était laid pouvait devenir par l’art admirable. Le Monsieur Propre de Delvoye en est un bel exemple, sans parler de la bonbonne de gaz aux motifs antiques, faisant écho à la collection de vases grecs du sculpteur, présentés dans la même salle.
Au-delà de toute rivalités entre les arts, ceux du passé et d’aujourd’hui, du décor et de la pensée, cette exposition montre que l’art quelque soit ses méthodes d’implications, est avant tout une question d’audace. Il est dommage que la confrontation entre les œuvres de Rodin et de Delvoye ne soit pas plus affirmée et équilibrée. Les pièces du plasticien sont peu nombreuses face à la quantité de sculptures que contient le musée. Ces dernières écrasent un peu la scénographie autour de Wim Delvoye.
Une exposition recommandée aux adeptes des arts de tous bords.
Justine Vandendriessche
Lire aussi sur Artistik Rezo, Wim Delvoye au Bozar de Bruxelles.
Wim Delvoye
Jusqu'au 22 août 2010
Du mardi au dimanche de 10h à 17h45.
Informations : 01 44 18 61 10
Tarifs : 6 euros
Musée Rodin
79, rue de Varenne
75007 Paris
Metro Varenne ou Invalides
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