Artistikrezo

Samedi
26 Mai
  • Connexion
  • Créer un compte
    Registration
    *
    *
    *
    *
    *
    REGISTER_REQUIRED

Entre Paradis et Enfer, mourir au Moyen Âge - Musée du Cinquantenaire

8Jusqu'au 24 avril 2011
Musée du Cinquantenaire, Bruxelles

« Entre Paradis et Enfer : mourir au Moyen Âge », tel est le titre de la passionnante exposition proposée jusqu'au 24 avril 2011 par le musée du Cinquantenaire (Bruxelles). Âmes sensibles et amateurs de clichés s'abstenir : l'exposition parvient à être à la fois impressionnante et profonde, complète et complexe sans être assommante, détruisant quelques pseudos-vérités et faux-amis au passage.



Oubliez vos idées préconçues. Alors certes, on ne vous parlera pas de gaudriole, de bouffonneries ou de légèreté, dans ce vaste espace consacré à 1'000 ans de mort et d'agonies. Mais quand on parle de la mort, on parle aussi de la vie, et elle fut formidable, l'énergie vitale du Moyen Âge, l'énergie de ces vivants qui surent orner la mort et chercher l'espoir dans l'au-delà. Qui parle de la mort parle de foi, d'instruments de vie, d'outils de résilience face à la terreur obscure et profonde. On parlera ici d'archéologie funéraire, mais aussi de sociologie, de médecine légale et de théologie, tant la religion gouverne les faits à l'époque.

L'exposition débute sur un bref panorama de « la mort ailleurs » : au Japon, ou chez les Maoris avec une impressionnante tête réduite. Puis on se concentre sur la mort en Occident ; et c'est alors que la scénographie habile, notamment au niveau du jeu de lumières, délicatement nuancé, et d'un fond sonore à la fois austère sans être glauque, parvient à nous arracher au temps présent.

L'exposition aborde logiquement, dans une première partie, les causes de la mort, diverses et variées, mais moins qu'on ne pourrait le croire : on est bien loin du cliché perpétré par une imagination romantique galopante. On se rend bien compte que par moments les gens vivent bien. Il y a bien sûr les maladies, les accouchements, les problèmes d’hygiène et de salubrité, la malnutrition et les famines, le manque de soins... mais aussi des causes plus étrange, comme l'ergotisme, causé par une maladie du seigle. Les connaissances médicales sont assez pauvres au début du Moyen Âge, à cause de la perte de l’héritage antique, écrit, le plus souvent, en grec, mais la situation s’améliore à partir du XIIème siècle. On apprendra ainsi quelques éléments sur la bataille entre les médecins et les apothicaires, pour s'arroger le droit de préparer et vendre les médicaments. Certains de leurs ustensiles (chevrettes, pots pour préparer les onguents) sont exposés. Plus loin, des pieds de lépreux, impressionnants et tordus comme un fagot de sarments, ainsi qu'une crécelle de lépreux en bois polychrome prêtée par le Musée de Bruges, sollicitent l'attention.
Par ailleurs, la mortalité infantile ou des femmes en couche est aussi très importante comme l'indique la section consacrée à la période des couches, dont on ne se relevait pas toujours : on découvre notamment un intéressant biberon en argent, assez curieux. Les coups et blessures que l'on remarque sur certains crânes exposés, mais plus encore la vitrine comprenant les différentes armes de l'époque (épées, fléaux d'armes) font prendre conscience de la violence des agressions médiévales lors des batailles ou combats.

2La deuxième partie est l'une des plus intéressantes, car consacrée au rituel, qui rappelle la vie au sein de la mort. Ne pas oublier que la mort était publique : exécutions, tortures, cadavres au gibet, mais aussi agonies familiales dans une pièce unique ; l'homme médiéval voyait la mort couramment et la considérait comme le cheminement normal de la vie. Le rituel est donc aussi pour lui une façon de bien vivre, et de bien mourir, c'est une dignité qui assure la cohésion sociale. On comprend donc qu'un commerce se soit développé autour de cette « activité » : ainsi du portrait des défunts sur leur lit de mort. À l'inverse, être exclu de ces rituels amenaient à un trépas social et à une damnation : on évoquera donc de manière intéressante la situations des marginaux, notamment les juifs, les hérétiques, les condamnés ou les suicidés. On apprend un peu plus sur les limbes, où sont censés errer les enfants non baptisés, au grand désespoir des familles. Fort heureusement l'Église avait pallié à cette éventualité, avec la mise à disposition de chapelles où l'enfant pouvait « revenir à la vie » le temps d'être baptisé.
Des chambres de moribonds sont reconstitués, celle d'une famille « normale » et celle d'un riche ecclésiastique. Ceux-ci, puis plus tard les nobles et les bourgeois argentés revendiquaient des places dans les églises, au plus près du chœur, alors que les pauvres se contentaient de la fosse commune. On remarque donc d'intéressantes lames funéraires (parfois humoristiques !) qui recouvraient les tombeaux des possédants. De nombreux objets liturgiques (notamment un magnifique reliquaire) sont également présentés, et des reconstitutions de tombes mérovingiennes présentent de troublantes ressemblances avec les rites de l'Égypte antique ou le nécropoles grecques (une pièce dans la bouche du défunt, des objets funéraires).

6La dernière partie de l'exposition aborde le sujet « après la mort » notamment avec la tradition des memento mori, les vanités de l'époque, où les crânes et squelettes sont omniprésents dans les objets de tous les jours (bijoux, nécessaire d'hygiène, ou vaisselle). Ainsi que les danses macabres, illustrations qui viennent habiter les livres, de manière durable. En effet, si le début du Moyen Âge laisse apparaître une attitude plus paisible face à la mort, à partir du XIVème siècle, elle fait place au macabre et à la peur, suite aux événements troublés de la période (Guerre de Cent ans, grandes épidémies de peste successives, famines). On remarquera ainsi l'incroyable gisant aux nombreuses altérations physiques : écorché, ligaments, corruption de la chair par la vermine, qui atteste cependant une très bonne connaissance organique du sculpteur, qui avait dû observer plusieurs cadavres avant d'entamer son œuvre.

L'exposition est  également ouverte aux 6-12 ans, avec de nombreux ateliers (« où est Charlie » de la mort, jeu de l'oie, possibilité de frotter les dalles funéraires pour créer un dessin à colorier, etc.). Vu la grande valeur des œuvres exposées, cette exposition ne sera pas itinérante et sera exclusivement à visiter au Musée du Cinquantenaire.

Mathilde de Beaune


Entre Paradis et Enfer, mourir au Moyen Âge

Mardi - vendredi : 9h30 - 17h
Samedi et dimanche : 10h - 17h

Tarifs : €10, €9 : adultes en groupe de minimum 10 personnes, étudiants, seniors (+60), €5 : groupes scolaires et groupes d'étudiants, jeunes de 13 à 17 ans révolus (en visite familiale), chômeurs, personnes avec un handicap (gratuit pour l'accompagnant), gratuit : enfants jusqu'à 12 ans révolus (en visite familiale), journaliste


Musée du Cinquantenaire
Parc du Cinquantenaire
1000 Bruxelles
0032 (0)2 741 72 11

Train : Gare Centrale, Schuman. Le musée est accessible à pied depuis les gares de Merode et de Schuman, et en métro depuis la Gare Centrale.

Métro : lignes 1 et 5; Arrêt Merode (500 m à pied) ou Schuman (1 km à pied)

www.kmkg-mrah.be

 
Autres articles à lire

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Inscription Newsletter

 * 
Please update your Flash Player to view content.

Recherche

newsletter
fluxrss-artistik.jpg
titre-actualites-art

Gerhard Richter - Dessins et aquarelles, 1957-2008 - musée du Louvre

louvre À l’occasion de la rétrospective itinérante de Gerhard Richter à la Tate Modern (6 octobre 2011 - 8 janvier 2012), à la Nationalgalerie de Berlin (12 février - 13 mai 2012) et de sa venue au Centre Pompidou (6 juin - 24 septembre 2012), le musée du Louvre présente, du 7 juin au 17 septembre 2012, une centaine d’œuvres sur papier dans les salles Mollien du département des arts graphiques (Aile Denon, salles 9 et 10, 1er étage). Read more..

Les chefs-d’oeuvre de la donation Yvon Lambert - Avignon

collection Lambert Du 7 juillet au 18 novembre 2012, les œuvres majeures de la collection Lambert sont présentées à l’hôtel de Caumont. Read more..

Gerhard Richter - Panorama - Centre Pompidou

Centre_Pompidou Du 6 juin au 24 septembre 2012 Le centre Pompidou célèbre le 80ème anniversaire de Gerhard Richter, aujourd'hui reconnu comme l'une des figures majeures de la peinture contemporaine. Read more..

Morgane Tschiember - Seuils - fondation d'entreprise Ricard

Fondation d Du 5 juin au 7 juillet 2012, la fondation d'entreprise Ricard présente l'exposition personnelle de Morgane Tschiember « Seuils ». Read more..

The Tanks go live - Tate Modern - Londres

Tate En 2012, la Tate Modern débute son programme d’extension avec l’ouverture le 18 juillet prochain des « Tanks » en tant que premiers espaces de musée au monde consacrés en permanence au live, à la performance, à l’installation et au cinéma expérimental. Read more..

Alberto Giacometti - L’Homme qui marche - Fort de Bard

Fort de Bart Du 6 juillet au 18 novembre 2012, le Fort de Bard (au sud du Val d’Aoste, à quelques kilomètres de Turin comme de Milan) accueille une exposition inédite consacrée à Alberto Giacometti. Read more..

Françoise Abraham - Sculpteur - Atelier Portes ouvertes

Du 1er au 3 juin 2012Françoise Abraham danse depuis l'âge de six ans, formée par les professeurs de l'Opéra de Paris, en danse classique. Read more..

Jef Aerosol - 30 ans de pochoirs c’est de la bombe ! - Orléans

Du 2 juin au 15 juillet 2012Dans le cadre de sa mission de soutien à la création artistique et en collaboration avec la galerie Magda Danysz, la mairie d’Orléans ouvre les portes de la collégiale Saint-Pierre-Le-Puellier à Jef Aérosol, du 2 juin au 15 juillet 2012, pour une exposition événement qui célèbre les 30 ans de pochoirs de cet artiste incontournable du mouvement street art. Read more..

Se souvenir de la mer - domaine départemental du château d’Avignon

Organisée par le Conseil général des Bouches-du-Rhône, sous le commissariat de Véronique Baton, historienne d’art, et d’Agnès Barruol, conservatrice en chef du patrimoine, l’exposition « Se souvenir de la mer » se déroule du 23 juin au 31 octobre 2012 au domaine départemental du château d’Avignon, en Camargue. Read more..

Alexandra Ferrero, artiste plasticienne à Paris

Alexandra Ferrero Passionnée par l’esthétique, les images et les mots depuis sa plus tendre enfance, Alexandra Ferrero s’est orientée vers la création d’images en affûtant ses crayons à l’école nationale des Beaux-Arts de Lyon. Read more..

Bernard Moninot - Silent-listen - galerie Baudouin Lebon

galerie Baudoin Lebon Du 24 mai au 7 juillet 2012La galerie Baudouin Lebon dévoile des œuvres récentes de Bernard Moninot : un ensemble de dessins sur soie ou organza  réalisés entre 2010 et 2012 (graphite, acrylique, lumière et ombres portées). Read more..

Mamika - Bercy Village

Mamika - Cours Saint Emilion Du 15 juin au 10 septembre 2012, la Galerie Sakura consacre une exposition rétrospective à la photographe Sacha Goldberger. Read more..

Miss Tic - Secret d'atelier - galerie Lélia Mordoch

Mis Tic - Galerie Lelia Mordoch A partir du 31 mai 2012 Il est une fée brune dans Paris, peut-être est-ce une sorcière ? Read more..

Stéphane Moscato - galerie Ligne 13

Du 6 au 30 juin 2012Le Marseillais Stéphane Moscato arpente inlassablement les rues et décolle des pans entiers d’affiches pour les maroufler ensuite sur toile dans son atelier. Read more..

Latitudes Est... - galerie Albert Benamou

Galerie Albert Benamou Du 6 juin au 26 juillet 2012, la galerie Albert Benamou présente une exposition articulée autour de la Chine, la Corée, l’Asie Centrale, l’Inde pour approcher les mutations de ces divers blocs extrême-orientaux. Read more..

Asger Jorn - Fondation de l’Hermitage

Du 22 juin au 21 octobre 2012Après les expositions Alberto Giacometti (2002), André Derain (2003) ou encore Edward Hopper (2010), la Fondation de l’Hermitage propose en été 2012 une nouvelle ouverture sur un acteur majeur de la création moderne, en consacrant pour la première fois en Suisse romande une exposition au peintre Asger Jorn (1914-1973), considéré comme le plus grand artiste danois du XXe siècle. Read more..

Gérard Rancinan - Wonderful World - galerie The Future Tense - Londres

Du 7 juin 2012 au 24 juin 2012The Future Tense présente au public britannique le chapitre final de la « Trilogie des Modernes » : « Wonderful World ». Read more..

Plus de 2 millions de visiteurs en France lors de la Nuit européenne des musées 2012

Malgré les intempéries, l’affluence enregistrée la nuit du 19 mai 2012 dans les 1'320 musées français participants, est de plus de 2 millions de visiteurs. Read more..

Kader Attia - musée d’Art moderne de la Ville de Paris

Du 25 mai au 19 août 2012Kader Attia est invité à présenter dans les collections permanentes, un accrochage monographique autour de La Piste d'atterrissage (2003) acquise par le musée en 2006. Read more..

Christian Lacroix, La Source et le Ballet de l’Opéra de Paris

Du 16 juin au 31 décembre 2012, le centre national du Costume de scène et de la Scénographie (Moulins) poursuit son travail avec Christian Lacroix, en le suivant au cœur de l’Opéra national de Paris où il a créé les costumes du ballet La Source, dans une chorégraphie du danseur étoile Jean-Guillaume Bart. Read more..



groupefacebook
titre-menu-derniers-articles-a-lire

Jacques Collard


Personnalité incontournable du milieu du théâtre et du cinéma, grand ami de stars, Jacques Collard traverse depuis trois décennies la création théâtra...
Lire la suite...

Anri Sala - Centre Pompidou

Du 2 mai au 6 août 2012

La nouvelle installation de l'artiste albanais, Anri Sala, occupe désormais le niveau 1 du Centre Pompidou, depuis le 2 mai der... Lire la suite...

Justice - Zénith de Paris


De retour à Paris après leur passage à l'Olympia en début d'année, le duo Justice squattait le Zénith le temps de deux concerts exceptionnels à guiche...
Lire la suite...

Festival de Cannes 2012


« Des choix empreints de générosité et de doute » : c’est ainsi que Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, a décrit la... Lire la suite...