Du 7 mai au 1er août 2010
Galerie des bibliothèques
« Rimbaud a-t-il vécu toutes nos peines, nos échecs, nos rêves ? » Pourquoi celui dont on dit qu’il lisait ses poèmes comme un enfant raconte un chagrin fascine-t-il toujours à travers le temps et les générations ? L’exposition nous laisse naviguer à travers le mystère et la fascination pour ce poète qu’ont tenté de saisir les artistes sans laisser de véritable réponse.
Une multitude de traductions des recueils de Rimbaud accueille les visiteurs ; portugais, russe, géorgien, braille : l’expo pointe du doigt la langue universelle qu’est la poésie du poète et de son écriture chaotique et symboliste.
Puis arrivent les hommages : Joan Miró, Max Ernst, Sonia Delaunay, Fernand Leger, Picasso. Etonnement, avec une pointe de déception, une foule d’hommages sont similaires. Même univers : du noir, des vides, de l’encre ou des eaux fortes le plus fréquemment, des visages raturés. Qu’il s’agisse de Giacometti ou Ernest Pignon Ernest : c’est toujours le même visage que l’on croise et qui revient au court de l’exposition, sous toutes les formes : celui que fixe Carjat sur sa pellicule en octobre 1871 et qui depuis demeure l’incarnation intouchable du poète. Etrangement, les poèmes qui inspirent sont récurrents eux aussi : recueils des Illuminations et d’une saison en Enfer.
Des lectures de poèmes sont diffusées à l’entrée sur un ton un peu monotone ; on aimerait davantage d’accrochages des vers de Rimbaud. Car cet univers mystique qui naît autour de l’auteur confère de soudaines envies de sortir de son sac un recueil et d’allier lecture et contemplation.
Les hommages les plus singuliers restent ceux des photographes Mapplethorpe et Wojnarowicz (Rimbaud à New York). Un hommage rendu en photo, bien vu, et voilà qui aurait certainement plu à Rimbaud, lui qui prônait d’être résolument moderne.
S’en suivent les BD (Fred , Moebus…) s’inspirant de ses voyages en Afrique, les couvertures de magazine attestant de l’affection de la presse pour le poète, du dossier de Paris Match au mensuel Gay ; les disques, les opéras, des films aux simples « signes rimbaldiens » aux biographies narrés à l’image du « Total Eclipse » d’ Agnieszka Holland. Il y a aussi les « Go rimbaud go ! » de Pathie Smith ou Indochine, sans oublier la fameuse robe hommage de Castelbajac. Puis viennent les objets kitsch et anecdotiques qui en disent long sur cette Rimbaudmania.
En sortant, un sentiment paradoxal survient : l’impression de se sentir plus proche du poète, et celle que le mystère s’est encore creusé d’avantage ; « Tu ne connaitras jamais bien Rimbaud », affirmait Breton. L’expo-hommage reste incomplète. Certes, elle donne envie de se plonger dans les vers enigmatiques d'Arthur Rimbaud. Mais il y a le regret, l'attente que quelqu’un ose abandonner l’iconique visage au nom d’un hommage encore plus novateur.
Amandine Joannès
Rimbaudmania
Du 7 mai au 1er août 2010
Ouverture du mardi au dimanche de 13h à 19h, nocturne jeudi jusqu’à 21h.
Visites commentées par Claude Jeancolas, commissaire de l’exposition :
Samedi 22 mai - 14h30
Vendredi 11 juin - 15h30
Samedi 26 juin - 14h30
Réservation : 01 44 59 29 60
Tarif : Entrée 4 €. Tarif réduit : 2 €
Galerie des bibliothèques
22, rue Malher
75004 Paris
Métro : Saint-Paul
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