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Portrait intime de l’Afrique du Sud par Pieter Hugo

19 janvier 2015
3 Vues
Pieter_Hugo_Loyiso-Mayga-Wandise-Ngcama-Lunga-White-Luyanda-Mzanti-et-Khungsile-Mdolo-apres-leur-rite-dinitiation-Mthatha-2008

Pieter Hugo
Kin

Du 14 janvier au 26 avril 2015

Du mardi au dimanche de 13h à 18h30
Le samedi de 11h à 18h45
Nocturne gratuite le mercredi
de 18h30 à 20h30

Fermé le lundi


Plein tarif : 7 €
Tarif réduit : 4 €

Gratuit pour les Amis de la Fondation HCB

Fondation Henri Cartier-Bresson
2, impasse Lebouis
75014 Paris

M° Gaîté (ligne 13)

www.henricartierbresson.org

Du 14 janvier au 26 avril 2015

Pieter Hugo expose pour la première fois en France sa série Kin (intime), invité par la Fondation Henri Cartier-Bresson. Habitué des prix et remarqué aux Rencontres d’Arles en 2008, le photographe sud-africain pose un regard bienveillant et inquiet sur la société sud-africaine d’aujourd’hui.
 
Que signifie aujourd’hui être sud-africain ? Vingt-cinq ans après l’abolition des premières lois contre l’apartheid, l’Afrique du Sud porte encore les stigmates d’une histoire traumatisante. Le rêve d’un Nelson Mandela résonne encore comme une promesse non tenue, la société reproduisant encore un modèle inégalitaire, partagé entre la désolation des townships surpeuplés – comme Diepsloot au nord deJohannesburg – et des villes luxueuses et protégées comme Daifern. Dans sa série Kin, le photographe sud-africain Pieter Hugo « tente d’évaluer le fossé qui sépare les idéaux d’une société et sa réalité », comme il l’explique. Il a pris du temps pour s’attaquer à son pays, par pudeur.

Pieter_Hugo_Daniel-Richards-Milnerton-2013 L’influence de l’art du portrait de la Renaissance

Alors il est allé à la rencontre de proches – sa nourrice –, mais aussi d’inconnus qu’il a croisés cinq minutes ou plus. Il n’y a aucune compassion, bien au contraire. Il les magnifie avec son objectif, en s’inspirant des peintres de la Renaissance, pas moins. Ce vieil homme au torse nu et aux chairs fatiguées pourrait être un Saint Jérôme dans le désert ; sa grand-mère, Anna Hugo, reprend la pause de la Vénus d’Urbain du Titien, allongée sur un lit, vêtue et le geste pudique en moins. Mimi Afrika a le même port de tête que la jeune fille à la perle de Vermeer, ou Samuel Nkosomzi serait un prince moderne que dépeindrait Raphaël en ayant en tête son Baldassare Castiglione. L’esthétisation fait partie de la signature de Pieter Hugo, tout comme le silence qui envahit ces pièces vides, ces natures mortes minimalistes. Parfois il force le trait, comme lorsqu’il revêt d’un chemisier blanc immaculé une jeune femme sans domicile fixe au visage abîmé par la vie.

Pieter_Hugo_Ann-Sallies-ma-nourrice-Douglas-2013Cette terre natale emprisonne

Le photographe aime les sujets qu’il saisit, qu’il met en scène. Il aime son pays mais reste partagé. « « Home », cette terre natale, c’est le lieu où appartenance et aliénation coexistent. Est-ce que cette appartenance nous libère ou nous emprisonne ? Est-ce qu’elle nous rattache au poids terrible de l’histoire ou bien est-ce qu’elle nous en délivre? Comment endosser la responsabilité de l’histoire passée et dans quelle mesure doit-on le faire ? Comment élever des enfants dans une société si conflictuelle ? » Le photographe n’a pas de réponse, mais c’est ce qui va lui permettre de continuer de questionner cette société qui cherche encore son avenir.
 
Stéphanie Pioda

[Légendes : Pieter Hugo, Loyiso Mayga, Wandise Ngcama, Lunga White, Luyanda Mzanti and Khungsile Mdolo after their initiation ceremony, Mthatha, 2008 © Pieter Hugo, courtesy Stevenson Gallery, Capetown/Johannesburg and Yossi Milo, New York – Pieter Hugo, Daniel Richards, Milnerton, 2013 © Pieter Hugo, courtesy Galerie Stevenson, Le Cap/Johannesburg et Yossi Milo, New York – Pieter Hugo, Ann Sallies, ma nourrice, Douglas, 2013 © Pieter Hugo, courtesy Galerie Stevenson, Le Cap/Johannesburg et Yossi Milo, New York]

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