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    Invader : « Il y a par le monde des milliers de space invaders »

    18 juin 2015
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    Invader : « Il y a par le monde des milliers de space invaders »

    Pour son projet « Art4space », Invader a lancé l’une de ses mosaïques à la conquête de la stratosphère. Explications.

    Je crois qu’envahir l’espace était chez vous un projet de longue date… Quel a été le processus ?

    Oui, vu mon obsession pour les space invaders vous pensez bien que j’y songeais depuis un bon moment. Mais j’ai longtemps cru que cela était impossible à moins d’avoir des contacts à la Nasa, ce qui n’est pas mon cas…

    Et puis, à force de recherches, j’ai finalement trouvé une façon d’y parvenir avec très peu de moyens, un peu de bricolage et beaucoup de persévérance !

    Pourquoi en faire un projet vidéo ? Comment l’avez-vous conçu ?

    Après quelques désagréments, l’opération s’est soldée par un succès et j’ai récupéré un film du vol spatial puisqu’une caméra était embarquée avec la mosaïque. L’utiliser dans un film où je raconte toute l’histoire s’est imposé comme la meilleur des choses à faire. Tout comme le projet ce film a été réalisé avec les moyens du bord. Il ressemble à un documentaire et j’y raconte le projet à la première personne.

    Votre première mosaïque date du début des années quatre-vingt-dix, et le début réel de l’invasion de 1998. A quel moment et pourquoi avez-vous compris qu’il s’agirait d’un projet au long cours ?

    J’ai surtout compris en 1998 que j’avais réalisé un geste fort, et qu’il fallait marquer le coup en y travaillant à l’échelle planétaire. Ensuite ce projet m’a dévoré, il a accaparé tout mon temps et mon esprit car je m’étais lancé sans m’en rendre compte dans une mission titanesque. Certains voient ce projet comme une grande plaisanterie mais je le fais de manière très sérieuse.

    Avez-vous le sentiment de créer des villes parallèles, avec cette cartographie qui vous est propre ?

    Oui d’une certaine manière, ce sont des parcours très subjectifs dans les villes que je traverse. C’est un croisement entre la stratégie du petit poucet et les déambulations urbaines chères à Baudelaire et aux situationnistes.

    Pourquoi organiser la rencontre entre le matériau ancien qu’est la céramique et les icônes de l’âge informatique ?

    Parce que c’est une belle rencontre : inattendue, efficace et parfaitement adaptée à ce que j’en fais.

    Comment pensez-vous l’équilibre entre variation et répétition au sein de votre travail ?

    C’est en effet un équilibre délicat. Répéter la même forme aurait été lassant j’ai donc décidé de ne jamais reproduire deux fois la même mosaïque et je m’y suis tenu. Il y a donc par le monde des milliers de variations de space invaders et je m’amuse aussi parfois à changer de registre avec des figures venant d’autres horizons.

    Vous sentez-vous en dialogue avec les techniques de la publicité ?

    Je me sens plutôt en compétition avec la publicité, car elle est omniprésente dans l’espace urbain et elle s’accapare parfois de bons spots ! Mais nos objectifs sont radicalement différents.

    Pensez-vous que tout artiste soit par nature obsessionnel ?

    Je n’en sais rien…Moi je le suis en tout cas.

    Qui seraient les créateurs dont le regard vous a nourri, ou que vous admirez ?

    Il y en a beaucoup, en général j’aime découvrir le corpus d’un artiste et puis passer à un autre. Disons que dans ceux qui m’ont marqué  il y a par exemple Warhol, Damien Hirst, Leonard de Vinci ou, dans le milieu du street art, le new yorkais Revs.

    Quel regard portez-vous sur l’engouement actuel pour le street art ? Y-a-t-il des artistes dont vous suivez le travail ?

    Je connais assez mal les nouvelles générations, disons qu’il y a des choses que j’adore et d’autres que je déteste !

    Après l’espace, comment prolonger l’invasion ?

    Je me concentre en ce moment sur le film car il représente plus d’un an de travail. Pour le montrer j’ai organisé un petit tour du monde et dans chaque ville ou je passe il est diffusé gratuitement dans un cinéma le temps d’une soirée unique. Je le vois un peu comme un groupe de musique qui fait une tournée.

    Propos recueillis par Sophie Pujas

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