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Allez-y de notre part : Inertia

28 janvier 2017
19 Vues
inertia

Inertia

D’Idan Haguel

Avec Ilanit Ben-Yaakov, Mohammad Bakri, Galia Isay

Durée : 1h12

Sortie le 1er février 2017

The FitsSortie le 1er février 2017

Comme chaque semaine, la rédaction d’Artistik Rezo sélectionne pour vous LE film à ne pas rater. Cette semaine : Inertia, d’Idan Haguel.

Le pitch. Un matin, Mira remarque que son mari n’est plus là. Elle organise des recherches, mais commence peu à peu à s’adapter à la situation. Les problèmes commencent quand elle se rend compte qu’elle est beaucoup mieux sans lui.

Allez-y de notre part. En ce début 2017, y aurait-il une tendance émergente des films aussi courts que bons ? Après les 72 minutes de The Fits, prodigieux film américain d’Anna Rose Holmer (à foncer voir en salle si vous ne l’avez pas déjà fait), c’est au tour d’Inertia de convaincre en 1 heure et 12 minutes lui aussi. Présenté au dernier festival de Berlin, le film de l’Israélien Idan Haguel parvient à faire forte impression en une durée extrêmement ramassée, de plus en plus rare dans un cinéma d’auteur qui donne souvent naissance à des films deux fois plus longs (tendance que le blockbuster tend lui aussi à emprunter, n’étant souvent freiné que par l’appréhension des producteurs).

 

Il est assez stupéfiant de constater à quel point Idan Haguel semble capable de tout dire en une poignée de plans, de transcender des intentions sans rendre les ficelles visibles, de superposer les genres et les influences tout en parvenant à inventer un ton qui lui est propre. Inertia, c’est autant un drame social à la manière des grands noms du cinéma roumain qu’un thriller psychologique sur fond de portrait de femme plus qu’écorchée. Le film dérange sciemment, parvenant à se hisser au-delà d’un postulat déjà prometteur : l’histoire d’une femme qui réalise que la disparition de son mari n’était peut-être pas une si mauvaise chose et qui n’a plus tellement envie qu’il ressurgisse.

 

13 jours de tournage et une actrice aussi à fleur de peau que son personnage (passant ses nuits à dormir dans un coin du plateau car n’ayant pas d’endroit où loger) : Idan Haguel ne s’est pas rendu la tâche facile, mais l’empilement des contraintes et des difficultés l’a visiblement poussé à tirer le meilleur de lui-même. Inertia ne devrait pas rester sans suite tant il semble qu’un cinéaste important, capable de faire bouger les lignes, soit né devant nos yeux ébahis.


Lucile Bellan

[Image 2017 © Wayna Pitch]

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