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Allez-y de notre part : Les Filles d’Avril

16 juillet 2017
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Les-Filles-dAvril

Les Filles d’Avril

De Michel Franco

Avec Emma Suárez, Ana Valeria Becerril, Enrique Arrizon

Durée : 1h43

Sortie le 2 août 2017

Les Filles d'AvrilSortie le 2 août 2017

Comme chaque semaine, la rédaction d’Artistik Rezo sélectionne pour vous LE film à ne pas rater. Cette semaine : Les Filles d’Avril, de Michel Franco.

Le pitch. Valeria est enceinte, et amoureuse. À seulement 17 ans, elle a décidé avec son petit ami de garder l’enfant. Très vite dépassée par ses nouvelles responsabilités, elle appelle à l’aide sa mère Avril, installée loin d’elle et de sa sœur. À son arrivée, Avril prend les choses en main, et remplace progressivement sa fille dans son quotidien… Jusqu’à franchir la limite.

Allez-y de notre part. Devenu un habitué du Festival de Cannes, Michel Franco a souvent fait parler de lui pour des raisons moyennement reluisantes. Disons que ses films, sans exception, ont tendance à explorer (pour ne pas dire exploiter) des sujets chocs avec une complaisance souvent gênante. L’inceste forcé de Daniel y Ana était plutôt bien traité, mais le harcèlement scolaire de Después de Lucia ou les soins palliatifs de Chronic étaient abordés avec un sens certain du voyeurisme.

 

C’est donc avec une certaine appréhension que l’on a découvert à Cannes ces Filles d’Avril présentées à Un Certain Regard, contrairement à Chronic qui avait eu les honneurs de la compétition (et obtenu un étrange prix du scénario de la part du jury des frères Coen). Le résultat est plutôt rassurant, malgré un sujet qui aurait pu faire plonger le film dans une surenchère malvenue : l’histoire d’une mère entre deux âges qui finit par vampiriser ses filles et ira jusqu’à prendre littéralement la place de l’une d’entre elles, devenue mère à son tour. L’héroïne charismatique et détestable incarnée par Emma Suárez (la Julieta d’Almodovar) occupe une place raisonnable dans le film, laissant la place aux autres personnages pour s’épanouir et s’affirmer. Ce qui donne sans doute à l’ensemble tout son équilibre.

 

C’est quasiment un film tous publics, en tout cas si on le compare aux précédents films du réalisateur mexicain : Les Filles d’Avril n’en fait pas trop, y compris lorsqu’il dépeint les agissements plus que contestables de cette Avril (Abril en VO) qui rejoint aisément le panthéon des piètres mères de l’histoire du septième art. Vous ne regarderez plus la vôtre (ni vos enfants) comme avant.

 

Lucile Bellan

[Image 2017 © Version Originale / Condor]

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