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Nothingwood : un objet filmique aussi unique que jubilatoire

Nothingwood

Nothingwood

De Sonia Kronlund

Documentaire

Durée : 1h25

Sortie le 14 juin 2017

NothingwoodSortie le 14 juin 2017

Comme chaque semaine, la rédaction d’Artistik Rezo sélectionne pour vous LE film à ne pas rater. Cette semaine : Nothingwood, de Sonia Kronlund.

Le pitch. À une centaine de kilomètres de Kaboul, Salim Shaheen, l’acteur-réalisateur-producteur le plus populaire et prolifique d’Afghanistan, est venu projeter quelques-uns de ses 110 films et tourner le 111ème au passage. Ce voyage dans lequel il a entraîné sa bande de comédiens, tous plus excentriques et incontrôlables les uns que les autres, est l’occasion de faire la connaissance de cet amoureux du cinéma, qui fabrique sans relâche des films de série Z dans un pays en guerre depuis plus de trente ans. Nothingwoo livre le récit d’une vie passée à accomplir un rêve d’enfant.

Allez-y de notre part. Ce fut l’une des plus belles surprises du dernier festival de Cannes : présenté à la Quinzaine des Réalisateurs, le documentaire de Sonia Kronlund a non seulement révi les festivaliers par sa qualité, mais les a également bouleversés rien que par la présence si poignante, si inattendue de ses principaux protagonistes. Animatrice de l’émission Les Pieds sur Terre sur France Inter, celle qui est également documentariste est allée posée sa caméra dans l’un de ses pays fétiches, l’Afghanistan, pour filmer Salim Shaheen, réalisateur-producteur-acteur de séries Z locales.

 

Le film est un mélange de portraits hauts en couleurs et de déclaration d’amour à destination de ce septième art si polymorphe, qui parvient à créer de l’émotion en cascade avec trois fois rien (comme l’indique le titre). Shaheen est un personnage incroyable, un Jean-Pierre Mocky avec du coeur, qui fait du cinéma parce qu’il aime la frénésie qui entoure les tournages et les sorties. Il emmène la réalisatrice dans des recoins un peu effrayants, lui présente des compatriotes qui ont tous quelque chose à cacher mais ne le cachent pas tant que ça (leur vie amoureuse multiple, leur homosexualité). Ce joyeux capharnaüm aurait pu virer à l’hystérie façon Kusturica, mais la cinéaste sait aller au-delà du pittoresque et du folklorique, livrant un objet filmique aussi unique que jubilatoire.

 

Lucile Bellan

[Image 2017 © Pyramide Distribution]

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