Sortie le 24 février 2010
Il est un cinéma indépendant français confidentiel qui, avec une économie de moyens évidente, tente malgré tout de résister aux envahissants blockbusters et cherche, dans la plus pure tradition gauloise à répondre aux questions qui nous touchent tous autour de l’amour, du sexe, des sentiments, de la vie. Alice, ou les désirs premier long métrage de Jean-Michel Hulin, est de ceux-ci, entre kitsch de film de fin d’étude fauché et essai tout ce qu’il y a de plus premier degré sur l’univers de la domination light de la petite bourgeoisie de province.
Alice est une jeune femme équilibrée, professeur de mathématique, qui voit sa vie violemment remise en cause à la suite d’une rupture houleuse dont elle est l’instigatrice. Sous la houlette de sa cousine, bourgeoise en mal de « sensations fortes », elle se laisse entraîner dans le monde étrange de la domination et de la soumission.
Sous couvert de descente dans l’univers sombre d’une sexualité alternative, Alice ou les désirs ne reste qu’un petit traité des fantasmes de son auteur. Des fantasmes d’une sobriété impressionnante, vu le sujet abordé, et qui manquent franchement d’imagination. On notera également l’inclinaison de Jean-Michel Hulin pour les corps féminins, aussi disgracieux soient-ils, tant il prend un malin plaisir à dénuder son actrice principale et à faire garder, même dans les scènes plus explicites, le moindre morceau de vêtement à son casting masculin.
Quand au reste, les dialogues, le jeu des acteurs, la réalisation, la lumière et le scénario même, il faut bien dire qu’Alice ou les désirs est un film difficile à prendre au sérieux tant le niveau de ces principaux acteurs touche le fond. On n’aura jamais vu au cinéma un métrage s’approcher d’aussi près des codes du soap opéra (et pas dans le bon sens du terme).
Parfait pour une séance légère entre amis ou en couple, ou comme introduction à de nouveau plaisirs (quoiqu’il est difficile de souhaiter à qui que ce soit la rencontre avec un « maître raffiné »), Alice ou les désirs est selon l’humeur, le pire de la production française intello-libérée ou le meilleur de la comédie de mœurs décalée. Bref, une curiosité à voir.
Lucile Bellan-Julé
Alice, ou les désirs
Un film de Jean-Michel Hulin
Avec Caroline Mercier, Cécile Calvet et Axel Zeppegno
Sortie au cinéma le 24 février 2010
| Hélène Cattet et Bruno Forzani, enfants du giallo < Préc | Suivant > 12 - Nikita Mikhalkov |
|---|




























