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    Je vais te manquer d’Amanda STHERS ? Je réponds zéro !

    1 juillet 2009
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    La jeune réalisatrice, pour son premier film, a réussi à réunir un casting pour le moins populaire. Beaucoup de personnages pour finalement pas grand-chose : un écrivain aigri et cynique (Pierre Arditi), obsédé par les ventes de ses livres, se complaît dans sa solitude ; une femme atteinte d’un cancer (Carole Bouquet) décide d’aller mourir seule au Québec, tout en faisant croire à ses filles fâchées (Mélanie Thierry et Cécile Cassel) qu’elle part pour un simple voyage ; un jeune papa divorcé (Patrick Mille) cherche l’amour sur les conseils de sa petite fille, qu’il doit renvoyer chez sa mère au… Québec ; un vieil homme excentrique et veuf (Michael Lonsdale) doit retrouver son amour de jeunesse (Monique Chaumette), exilée au… Québec ; une jeune et jolie célibataire (Anne Marivin) fait une dernière soirée avec ses copines avant de déménager,… devinez où : encore au Québec.

    C’est donc à l’aéroport de Roissy que nos personnages, par une série de pirouettes invraisemblables vont faire ressembler le film à un long spot publicitaire pour Aéroports de Paris.

     

    Ces têtes d’affiche promettaient succès et réussite. Malheureusement, ce ne fut pas le cas. Le scénario reste amateur, et la mise en scène aussi.

    Je vais te manquer est un film rempli de clichés non assumés. Amanda Sthers reprend les codes du genre mais ne sais pas s’en servir, ni même jouer avec. Les dialogues sont si lourds de figures et d’humour potache, qu’ils rendent le film totalement dérisoire. Exemple: Pierre Arditi à Carole Bouquet: “Je suis encore une belle pomme.” Réponse: “Du coup vous cherchez une bonne poire.”

    Ce film n’est qu’une succession de lamentations et mauvaises blagues.

     

    La jeune réalisatrice s’est également fourvoyée en agrémentant la guimauve de réflexions sérieuses, portant sur l’immigration et le suicide.

    Entouré de personnages cherchant désespérément l’amour, celui de Carole Bouquet est un ovni, malgré son importance en tant que personnage principal du  film. Les autres sont en périphérie, et ne servent qu’à servir l’histoire de cette femme cancéreuse, pas assez courageuse pour se voir dépérir.

     

    Au delà du ridicule de certains personnages servi par un jeu d’acteur plus qu’amateur et son ambiance rose bonbon, le film ne peut être considéré comme un échec complet. Voir Patrick Mille s’essayer à la tectonik dans un pantalon en cuir moulant est juste un régal. Et la performance de Carole Bouquet confirme à nouveau ses talents d’actrice. La niaiserie et l’amateurisme qui entoure le film d’Amanda Sthers n’auront heureusement pas réussi à entacher la crédibilité de ces deux acteurs au contraire de Fred Testot. Un bon acteur reste bon même dans un « numéro zéro » manqué.

     

    Beaucoup de personnes ont assimilé Je vais te manquer avec l’excellent film de Richard Curtis, Love Actually. Pourquoi toujours comparer le pire et le meilleur du genre ?

    Amanda Sthers n’a pas su saisir correctement sa première opportunité cinématographique. Mais après tout, n’avons-nous pas tous le droit à une seconde chance ?

     

    Jérôme FAVORI.

     

     

     

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