
Sortie le 10 février
Road-movie familial d’un bout à l’autre de l’Amérique des années 50, My one and only est aussi le biopic des années de jeunesse d’une figure du cinéma et de la télévision aux USA : l’acteur George Hamilton. Mais c’est bien là où le bât blesse, car passé le divertissement qu’il procure le manque de recul et de critique sur l’acteur laisse l’aventure plus du côté de la fiction que du témoignage.
Alors qu’elle découvre une énième tromperie de son mari, Ann Stevens, une riche oisive, décide de quitter le cocon familial de New York pour partir s’installer n’importe où avec ses deux fils. De ville en ville, cette femme de caractère se forge une nouvelle vie à la sueur de son front. Mais George, son fils cadet, remet constamment en cause les choix de celle-ci et ne demande qu’à rentrer à New York auprès de son père, musicien.
Porté par un casting honnête, Renée Zellwegger, Chris Noth et Kevin Bacon en tête, le film nous trimbale cahin-caha dans une croisière légère où on se doute que les choses resteront toujours sous contrôle. Biographie light, toute à la gloire de l’acteur George Hamilton aujourd’hui has been et candidat de télé-réalité, la consigne semble être assez claire : rien ne doit dépasser. On suggère donc les travers du père absent et fêtard derrière une boulimie naturelle d’artiste ou on évoque le passé de croqueuse de diamants écervelée de la mère sans jamais laisser transparaître de vraies aspérités à ces figures de fiction. De cette réalité qu’on devine difficile, une véritable épreuve de déracinement et de solitude, il ne reste plus qu’une photographie d’une Amérique désuète à la musique sucrée et aux voitures colorées.
De fil en aiguille, c’est même sans s’en rendre compte que le portrait de George tourne à son désavantage : à force de prendre les autres et les situations de haut (des premiers émois amoureux à la bonne humeur feinte de sa mère), il ne reste de lui qu’une image d’adolescent égocentrique qui cache ses calculs personnels derrière une modestie et une insécurité feintes. Pour ne pas lui porter ombrage, dommage que ça n'en fasse au film lui-même, son frère et sa mère sont donc légèrement écartés pour ne laisser par intermittence que les états d’âme ennuyeux du grossier personnage.
Renée Zellwegger, pourtant éblouissante, ne fait pas oublier le mauvais fond de ce film paresseux. Et si l’histoire de cette famille semble effectivement hors du commun, les faits ne s’inventent pas, My one and only réussit le pari de nous en désintéresser totalement. La fin même, est à la hauteur du métrage, bâclée et peu respectueuse de ses personnages, comme une ultime couronne à George… mais en forme de pied de nez aux membres de sa famille.
Lucile Bellan-Julé
My One and Only
Un film de Richard Loncraine
Avec Renée Zellwegger, Chris Noth et Kevin Bacon
Sortie le 10 février 2010
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