Sortie le 1er septembre
En reprenant un personnage crée par Jason Segel dans Sans Sarah rien ne va, le rocker Aldous Snow (magistralement interprété par un Russell Brand complètement habité par le rôle) American trip s’assure juste ce qu’il faut de loufoquerie pour captiver les spectateurs. Alors quand en plus il est accompagné de l’étoile montante de la comédie Jonah Hill et de seconds rôles comme Sean Combs (P. Diddy) ou Rose Byrne, on n’est pas loin de se dire qu’on tient enfin la comédie de l’année.
Aaron Greenberg est un jeune employé d’une maison de disque sur la pente descendante. Il parie sur le succès d’un concert anniversaire d’Infant Sorrow, son groupe fétiche. Seulement le charismatique leader anglais est aussi accro aux drogues, à l’alcool et aux femmes qu’incontrôlable. Aaron a trois jours pour ramener Aldous Snow au Greek theater… une mission qui semble bien compliquée.
En opposant le fantasque et sexy Russell Brand au pince-sans-rire rondouillard Jonah Hill, le réalisateur tient un duo comique comme on n’en avait pas vu depuis longtemps. Ces deux hommes que rien n’arrête pour nous faire éclater de rire assument et exploitent sans vergogne leur absence de limites pour notre plus grand plaisir. Mais c’est dans le sous-texte que le film prend une véritable envergure. Réel hommage aux dernières icônes rock, American trip jette un regard ému sur une génération de musiciens fêtards au talent incontestable et qui a survécu à des décennies. C’est bien un personnage en marge du monde dans lequel il vit, loin des opérations de communications internet et autres coups de pub médiatiques, et qui prend juste son pied sur scène que nous dépeint le film. Comme si Aldous Snow était un représentant fantoche de dinosaures de la musique, une espèce quasiment disparue.
Seul bémol à cette comédie généreuse et jouissive, le nombre incroyable de références culturelles, musicales ou cinématographiques, et même d’auto citations à ce sous pan de la comédie américaine qu’est le cinéma issu de Judd Appatow (réalisations comme productions). Initié, le spectacle est un buffet sans fin de vannes hilarantes et de délires potache (on retiendra le coup du mur de fourrure), pour les autres un léger sentiment d’être laissé sur le bas coté peut se faire sentir.
Nouvelle preuve que l’humour à l’américaine a de nouveaux visages, American Trip est une invitation à se pencher sur les branches de ces comédies décomplexées et pourtant complexes (toutes les productions Appatow, Sans Sarah rien ne va en tête pour la première apparition du personnage d’Aldous), une orgie à laquelle il est impossible de dire non, et sans gueule de bois le matin, ce qui est un plus non négligeable.
Lucile Bellan
American Trip
Un film de Nicholas Stoller
Avec Jonah Hill, Russell Brand, Sean Combs
Sortie le 1er septembre 2010
| Cyrus < Préc | Suivant > Be bad |
|---|




























