Sortie le 27 avril 2011Des années après Mary à tout prix, qui avait considérablement marqué le grand public, et après des essais plus modestes dans la comédie populaire les frères Farrelly nous dévoilent un film, Bon à tirer, annoncé comme un renouveau de l’humour potache. Mais dans B.A.T. pas de grand retour en vue et à peine d’humour, tout au plus les atermoiements pathétiques d’un duo vieillissant à tous les niveaux.
Rick et Fred mènent une vie paisible et bien rangée en compagnie de leurs épouses respectives. Mais le quotidien les ennuie et les deux hommes l’égayent souvent par de longs épisodes de reluquage de jeunes femmes et des blagues grossières. Lassées, leurs femmes leur accordent pour une semaine un bon à tirer, une autorisation à faire la fête sans limites aucunes.
Comme toujours dans le cinéma des frères Farrelly les situations les plus farfelues et les blagues les plus dégoûtantes viennent donner du sel aux valeurs les plus traditionnelles. Ici, c’est carrément dans le conservatorisme que les frères tombent et ce film sonne clairement comme un aveu d’échec envers l’humour, le second degré et le politiquement incorrect. Les frères Farrelly ont pris de l’âge et ne savent plus cacher derrière une mare de secrétions plus ou moins ragoûtantes, leurs ventres bedonnants, leur amour d’une vie bien rangée, et leurs regards déroutés face à la génération Internet/télé réalité.
Mieux que ça, à l’heure où le jeunisme est à la mode et que les cougars (ces femmes de plus de 50 ans qui « chassent » de jeunes hommes) font la loi, les frères Farrelly inventent les quadragénaires déjà has been. Carrières modestes, laisser-aller sur le plan physique, ni bons ni mauvais pères, libidineux mais froussards, vulgaires mais sans verve, ces personnages pathétiques et même plutôt antipathiques n’ont à l’origine en eux rien qui n’évoque la comédie. C’est peut-être déjà à ce stade que les frères Farrelly auraient dû comprendre l’échec annoncé de ce projet.
Machiste, passéiste, politiquement correct, peu audacieux, Bon à tirer est un film à l’image du périple de ses héros : un pétard mouillé. Aussi ennuyeux et triste à regarder qu’un spot de prévention contre les problèmes d’érection.
Lucile Bellan
Bon à tirer
Un film de Bobby et Peter Farrelly
Avec Owen Wilson et Jason Sudeikis
| Very Bad Trip 2 < Préc | Suivant > Morning Glory |
|---|























