
35e édition du Festival Américain de Deauville
Dossier
Le Grand Prix de la 35e édition du festival du cinéma américain de Deauville à The Messenger de Oren Moverman.
Des inconnus s'avancent sur le tapis rouge. De jeunes cinéphiles et de vieux passionnés prennent place à Deauville transformant la ville calvadossienne en véritable théâtre hollywoodien. Ici les flashs crépitent, les stars se pressent et la magie du cinéma s'accomplit pour faire rentrer les festivaliers dans une féérie dansante pleine de chimères, de sirènes et où Phoebus est le maître de cérémonie. C'est ainsi que s'écoulent les jours dans la ville normande. La première semaine de septembre est depuis 35 ans l'occasion pour de nombreux amateurs de cinéma américains de se retrouver et de regarder entre passionnés des films souvent géniaux. Cette 35ème édition du festival américain de Deauville a tenu ses promesses et est restée à la hauteur des précédentes éditions, alliant stars de cinéma et inconnus au talent prometteur, grosses productions américaines et films indépendants. Comme chaque année depuis deux ans les organisateurs du festival laissent une place importante aux succès passés, aux films cultes ainsi qu'aux rétrospectives de ses invités, c'est ainsi qu'ils proposent les nuits américaines pour le plus grand plaisir des aficionados.
Le jury palmarès a remis le Grand Prix de la 35e édition du festival du cinéma américain de Deauville à The Messenger de Oren Moverman. Le prix du jury revient à deux films : Precious, de Lee Daniels, et Sin Nombre, de Cary Joji Fukunaga. Le film Humpday, de Lynn Shelton, reçoit le prix de la révélation.
Les Honneurs
Deauville est un festival complet, c'est le Cannes de la fin de l'été, le Cannes de la Normandie, c'est le festival de la rentrée juste avant de partir travailler. Le cru 2009 est éclectique, les invités d'honneur étaient cette année Harrison Ford et Andy Garcia, chacun dans son style est une incarnation du cinéma américain. L'un incarna Han Solo et Indiana Jones, l'autre le neveu du Don Corleone.
Harrison Ford est un habitué de ce festival, c'est la cinquième fois qu'il s'y rend, il connait bien la ville et l'apprécie. L'homme reste très pragmatique. Quand on lui demande : "pourquoi venez vous aussi souvent ici?" Il répond que ce festival est une bonne manière de présenter un film en France et en Europe. Cette année l'acteur américain est à l'affiche de deux films en France : Crossing Over et Crowley, et un troisième est en préparation Morning Glory. On retiendra de sa présence à Deauville son émotion lors de la remise d'un prix honorant toute sa carrière d'acteur. Le héros a laissé entrevoir l'homme. Effectivement Harrison Ford a éclaté en sanglots à la remise de son prix.
Andy Garcia vient présenter City Island de Raymond de Felitta. L'acteur réalisateur d'origine cubaine aime la France et les françaises. Ainsi dans Modigliani, il partageait l'affiche avec Elsa Zylberstein et dans Adieu Cuba il offrait à Inès Sastre un rôle plein de charme et de classe dans lequel elle se retrouvait parfaitement.
Deauville 2009 c'est aussi un hommage au réalisateur Robert Aldrich et à l'actrice Robin Wright Penn mais Deauville adore également le cinéma comique américain, c'est donc sans surprise que David Zucker, Jim Abrhams et Jerry Zucker étaient eux aussi honorés d'un hommage bien mérité pour une carrière aussi folle que prolifique.
La Compétition
Sans compétition il n'y aurait pas de festival. Pour juger les films en compétition, deux jurys se partagent la tâche. Le premier est le jury Palmarès présidé par Jean-Pierre Jeunet. Hiam Abbass, Emilie Dequenne, Deborah François, Sandrine Kimberlain, Geraldine Pailhas, Dany Boon, Jean-Loup Dabadie, Patrice Leconte et Bruno Podalydes aident le président pour départager les films en compétition. Le second jury, le jury Révélation, est présidé par l'actrice réalisatrice Maïwen accompagnée par Romane Bohringer, Aïssa Maïga, Louise Monot, Nicolas Fargues et le chanteur Raphael.
La sélection regroupait un grand nombre de films aussi différents qu'intéressants. De la comédie dramatico-fantastique Could Souls à Precious, le film de Lee Daniels qui fit sensation au dernier festival de Cannes, en passant par Humpday, pseudo docu érotico-gay. Le festival 2009 révèla des talents et fut plein de surprises, encore une fois la folie du cinéma s'empara de Deauville.
Autour de la Compétition
Chaque année le festival de Deauville est l'occasion pour de nombreux fims de conquérir le public français. Cette année les très attendus Hôtel Woodstock, The Informant, District 9 ou City Island ont fait une fois de plus la notoriété du festival, offrant un coup de projecteur sur les films en compétition, et attirant toujours plus de curieux sur la ville, créant le mythe sur les planches deauvillaises qui ne désemplissent pas.
Grâce aux concours de la cinémathèque et de l'organisation du festival, les spectateurs ont pris l'habitude de se retrouver face aux Docs de l'Oncle Sam qui fait la part belle au genre prestigieux qu'est celui du documentaire. Ainsi les passionnés ont pu voir When You're Strange: A Film About The Doors de l'excellent Tom DiCillo, mais aussi The September Issue ainsi qu'un documentaire poignant sur le formidable et très controversé boxer américain Mohamed Ali, Facing Ali.
Le Prix Michel d'Ornano
Ce prix, dédié à la mémoire de Michel d'Ornano (ancien ministre, maire de Deauville et fondateur du Festival du Cinéma Américain), récompense un premier film français, dans le but d'aider à sa reconnaissance, sa promotion et son exportation. Cette année le prix a été remis au film français Qu'un Seul Tienne et les Autres Suivront de Léa Fehner.
Le Prix Littéraire
Depuis 33 ans les livres sont aussi en compétition à Deauville. C'est ainsi qu'un jury composé de Fréderic Beigbeder, André Halimi, Jean-Claude Lamy, Eric Neuhoff et Gonzague Saint Bris remet le Prix Littéraire Lucien Barrière du Festival du Cinéma Américain de Deauville. Le prix a été décerné à Colum McCann pour son livre Et que le vaste monde poursuive sa course folle. Rappelons que de nombreux auteurs ont reçu ce prix dont Irwin Shaw, Norman Mailer, Elie Wiesel, Samuel Fuller, Paul Auster, Michael Crichton, Patricia MacDonald, Marc Lévy, Michael Cimino ou encore Douglas Kennedy.
Les films en compétition
Cold Souls de Sophie Barthes
Paul Giamatti, célèbre acteur américain, est en pleine crise existentielle. Il se cherche, peinant même à trouver le ton lors des répétitions de sa prochaine pièce, « Oncle Vania » de Tchekhov. Il entend alors parler de la « Banque des Ames », laboratoire privé proposant un service des plus intrigants : soulager les patients de leur âme. Séduit, il décide de procéder à l’ablation de la sienne. S’en suivent des réactions en chaîne dont il n’imaginait pas l’ampleur …..
Harrisson Montgomery de Daniel Davila
Ricardo, un petit délinquant qui doit de l’argent à un chef de gang, a trouvé refuge dans un immeuble résidentiel délabré. Il se lie d’amitié avec une jeune fille dont la mère est sous la coupe d’un homme violent. Ils découvrent qu’un de leurs proches voisins, Harrisson Montgomery, cache un secret qui pourrait bien régler tous les problèmes.
Humpday de Lynn Shelton
Un soir, Andrew débarque sans prévenir chez Ben, son vieux copain de fac. Afin de le distraire de sa petite vie bien rangée, Andrew l’entraîne dans une fête aux mœurs libérées. Sur place, tout le monde ne parle que de participer au festival local de porno amateur et de tourner des films érotiques d’art et d’essai. Quelques litres d’alcool plus tard, une idée prend vite l’allure d’un pari : Andrew et Ben coucheront ensemble sous l’œil bienveillant d’une caméra….
Precious de Lee Daniels
Lorsqu’à seize ans, Precious apprend dans une école alternative, un monde nouveau s’ouvre à elle. Un monde où elle peut enfin parler, raconter ce qui l’étouffe. Un monde où toutes les filles peuvent devenir belles, fortes, indépendantes. Comme Precious.
Shrink de Jonas Pate
Henry Carter est un psychiatre vivant sur les riches collines de Los Angeles et ayant une clientèle très sélect, composée d’acteurs, d’écrivains, d’agents névrosés… Un jour, il se voit confier un nouveau patient : Une jeune adolescente troublée et fascinée par le monde du cinéma alors que lui est de plus en plus las de cet univers.
Sin Nombre de Cary Joji Fukunaga
Après une longue séparation, Sayra, une jeune hondurienne, retrouve son père qui lui propose d’émigrer avec lui aux Etats-Unis où il a refait sa vie. Une nuit, il embarque son oncle et d’autres émigrants à bord d’un train de marchandise américain. C’est au cours de ce voyage que Sayra va rencontrer Casper, un jeune américain qui fuit sa ville et la Mara, le gang auquel il appartient mais qu’il vient de trahir…
The Good Heart de Dagur Kari
Lucas, un garçon marginal, rencontre par hasard Jacques, un patron de bar grognon affaibli par cinq attaques cardiaques. Sachant que ses jours sont comptés, Jacques décide de prendre sous son aile Lucas. Tout se passe selon ses souhaits jusqu'au jour où April, une jolie hôtesse de l’air un peu éméchée, fait irruption…
The Killing Room de Jonathan Liebesman.
Quatre personnes acceptent d’être les cobayes d’une expérimentation scientifique. Elles vont découvrir peu à peu qu’elles sont en fait les sujets d’un programme gouvernemental classé top secret.
The Messenger de Oren Moverman
Le Sergent Will Montgomery revient chez lui après avoir combattu en Irak au sein de l’armée américaine. Il lui reste encore trois mois à faire et il est muté au sein d’un service qui a la lourde tâche de prévenir les familles des soldats tombés au combat. Il est accompagné dans sa mission par un autre officier avec lequel il va peu à peu nouer des liens particuliers qui seront mis à l’épreuve lorsque Will rencontrera une jeune veuve.
World Greatest Dad de Bob Goldthwait
Lance Clayton est un père célibataire dévoué qui enseigne avec passion la poésie dans un lycée tout en rêvant de devenir un écrivain célèbre. Son fils Kyle, par contre, est un adolescent grossier, insolent, idiot et obsédé sexuel qui fait du tort à tout le monde… surtout à son père. Après la mort accidentelle de son fils, la vie de Lance prend une tournure inattendue…
Youth in Revolt de Miguel Arteta
Nick Twisp, un adolescent de quatorze ans, tombe éperdument amoureux de la très belle Sheeny Saunders lors d’un séjour dans un camp de vacances. Sheeny est une jeune fille non conformiste mais sa famille et la distance qui la sépare de ses anciens petits amis jaloux font tout pour les éloigner. Nick abandonne sa vie monotone et crée François, un double retors, qui est prêt à tout pour être avec Sheeny quitte à semer le chaos…
François SLAMA
35ème édition du Festival de Deauville du 4 au 13 septembre 2009.
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