Liya Kebede
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Comment avez-vous travaillé votre interprétation ?
Je me suis beaucoup basée sur le scénario. J’ai aussi essayé de revisiter le livre de Waris Dirie jusque pendant le tournage. En même temps, on a commencé le shooting du film en Afrique et ça nous a donc permis de nous imprégner de l’environnement de Waris, qui elle était, d’où elle venait.
Est-ce plus facile ou plus difficile d’interpréter un personnage de biopic encore vivant ?
Ca fait peur parce que ça augmente la responsabilité. Il y a une pression supplémentaire puisque j’ai voulu vraiment la rendre heureuse. Parce que c’est sa vie à elle, et que c’est très intime. C’est donc à la fois une belle opportunité mais qui vient avec une grosse responsabilité.
Avant le film, comment avez-vous été sensibilisée au problème de l’excision ?
Je suis née en Ethiopie et j’y ai grandi. C’est un problème qu’il y a aussi là bas donc j’en ai entendu parler même si ce n’était pas quelque chose qui se passait près de moi. Ça n’était pas en ville mais dans les villages, je n’avais donc pas beaucoup de détails, comme quelque chose qui se passe loin. C’est donc vraiment quand j’ai lu le livre pour la première fois que j’ai découvert ce que c’était.
Qu’est ce qui vous a touché dans le livre de Waris Dirie ? En aviez-vous déjà entendu parler avant d’être castée pour le rôle ?
Non, je ne connaissais ni Waris ni son histoire avant de découvrir le livre. C’est au moment du casting que je l’ai lu et il a provoqué en moi beaucoup d’émotions : il m’a bouleversée, fait mal, fait rire aussi. Elle a ce courage aveugle, cette force incroyable, à partir de ce moment j’ai vraiment voulu faire partie de son histoire.
Vous vous battez aussi pour les femmes avec votre fondation qui milite pour le droit de la femme à accoucher dans de bonnes conditions. Comment cet engagement vous est venu ?
Quand tu grandis en Afrique, tu grandis entouré de pauvreté. Et donc tu as toujours ce besoin et cette envie de faire quelque chose et c’est un esprit qui est resté en moi. Quand j’étais mannequin et déjà maman, l’OMS cherchait une porte-parole pour cette cause et ils sont venus me sensibiliser à ça. A l’époque je savais que des femmes mourraient à l’issue de la grossesse mais pour moi c’était très commun. Et c’est en Amérique que j’ai appris que les femmes ne mourraient pas pendant la grossesse et l’accouchement. Ça a été une véritable surprise. Et moi, qui suis d’Ethiopie et qui ai eu mes enfants à New York, j’ai vraiment compris les différences de traitement et de soins entre L’Amérique et l’Afrique, sans clinique, sans personne et que la moindre chose peut prendre ta vie.

Vous travaillez aussi à la valorisation de la culture éthiopienne. En quoi ça consiste ?
Ça m’est venu pendant une visite en Ethiopie où j’ai rencontré des artisans, de ceux qui ont toujours fait nos vêtements traditionnels. Et qui, parce que tout le monde aujourd’hui met des vêtements faits à la machine, ils n’ont plus de marché pour leurs produits et vivent dans des conditions vraiment horribles. Alors que c’est un vrai talent et que c’est de l’art de pouvoir tisser comme ils tissent. J’ai donc pensé que j’étais bien placée pour amener leurs produits à l’ouest, les faire travailler, manger et vivre dignement, peut-être même les aider à mettre leurs enfants à l’école. Je veux aussi que les gens voient ces produits comme de l’espoir. Comme une preuve qu’on fabrique des produits de qualité en Afrique et qu’ils ne doivent pas hésiter à s’installer et à aider l’industrie à se développer là bas.
Quel est votre rapport au cinéma ?
Ça fait à peine trois ou quatre ans que j’ai commencé à réfléchir au cinéma et j’ai toujours aimé regarder les films. J’espère qu’avec Fleur du désert, j’aurais encore un peu plus de chances pour explorer ce monde.
Entretien réalisé en collaboration avec Falila Gbadamassi d’Afrik.com
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Un film de Sherry Hormann
Avec Liya Kebede, Sally Hawkins et Timothy Spall
Sortie le 10 mars 2010
[Visuel : © Desert Flower Filmproductions]
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