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Frantz, de François Ozon, ou la beauté du tabou

30 janvier 2017
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Frantz2

Frantz

De François Ozon

Avec Pierre Niney, Paula Beer…

Durée : 113 min.

Sortie le DVD le 18 janvier

Frantz, la nouvelle pépite de François Ozon, sort en DVD cette semaine.
Un film trouble où les sentiments dominent la raison. Frantz est aussi nominé pour les prochains Césars, le 24 février. Sûr que ce très beau mélodrame sur fond de guerre remportera du succès !

Froid, élégant, où les interdits définissent des personnages tourmentés, voilà comment peut se caractériser le dernier Ozon.

1919, quelques mois après le dernier coup de fusil tiré. Alors qu’elle se rend au cimetière où réside désormais Frantz, son défunt fiancé, Anna rencontre un français venu, lui aussi, se recueillir sur la tombe de ce dernier. Le jeune homme lui confie avoir bien connu son ancien bien-aimée. Entre eux va alors se nouer une relation mêlée de nostalgie, de jeu, de mensonges. Un amour impossible ?

 

Frantz3L’esthétisme de la perversion, tel est le cinéma d’Ozon : l’amour de l’interdit, le jeu des faux semblants. Pour sa 16ème cuvée, le réalisateur parisien ne déroge pas à la règle. Qu’il s’interroge sur le passage à l’âge adulte à travers les yeux d’une adolescente (Jeune et jolie), la quête d’identité sexuelle (Une Nouvelle Amie) ou encore le voyeurisme (Dans la maison), Ozon sait faire mener un double jeu à ses personnages, multiplier les masques, titiller les tabous. Car le tabou est bel et bien au centre du nouveau long-métrage d’Ozon.

 

FrantzUne interprétation saisissante

Mais l’atout numéro 1 de ce film reste Paula Beer, sublime jeune actrice allemande à la beauté triste d’une Romy Schneider. Belle, tout en nuance, elle porte ce film par une performance très forte en veuve rongée par la souffrance. Une révélation !

Pourtant si les deux héros supposés sont Paula Beer et Pierre Niney, le véritable personnage central est bien Frantz, à la fois absent et omniprésent. Car tout part de lui, il est le dénominateur commun de l’ensemble des personnages. En effet, l’intrigue tourne autour du défunt héros, chaîne indestructible entre les différents protagonistes. Il est au coeur de chaque conversation, est tellement présent sur toutes les lèvres, qu’on en arrive presque à le connaître.

Fidèle à lui-même, le réalisateur a pu apporter une dimension esthétique indéniable sur son film en travaillant les décors, les costumes, la musique, tout en sobriété. Surtout grâce à sa mise en scène, il fait bien ressortir les tiraillements de ses personnages, invitant les spectateurs à entrer dans des scènes intimistes pour partager avec eux un peu de leur souffrance. Et c’est particulièrement réussi.

Alexis Vielle

Bande annonce

[Crédits Distributeur : © Mars Films]

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