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“L’Atelier” : Laurent Cantet et Robin Campillo, de l’histoire ancienne

25 septembre 2017
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L'Atelier

L’Atelier

De Laurent Cantet

Avec Marina Foïs, Matthieu Lucci, Warda Rammach

Durée : 1h51

Sortie le 11 octobre 2017

Sortie le 11 octobre 2017

Avec L’Atelier, qui sort le 11 octobre 2017, Laurent cantet travaille pour la première fois avec Marina Foïs. Mais ce n’est pas la première fois qu’il travaille avec un certain Robin Campillo, son coscénariste, désormais célèbre pour avoir réalisé 120 battements par minute.

La rencontre entre Laurent Cantet et Robin Campillo date de 1993. Les deux hommes fréquentent alors les bancs de l’Edhec, l’ancêtre de la Femis, dont sont sortis tant de grands auteurs et cinéastes de ce siècle. La suite, on la connaît. En 2008, Laurent Cantet reçoit la Palme d’Or pour Entre les murs, coécrit avec François Bégaudeau mais également avec Robin Campillo, également monteur du film. En mai 2017, ce dernier reçoit le Grand Prix cannois du jury présidé par Pedro Almodovar, à une marche d’une Palme remportée par le suédois Ruben Östlund.

 

Entre les deux, de belles collaborations et beaucoup de jolis moments. Campillo a coécrit les scénarios de nombreux films de Cantet : L’Emploi du temps (relecture de l’affaire Jean-Claude Romand), Vers le sud (avec Charlotte Rampling en adepte du touriste sexuel), Foxfire (adaptation d’un roman de Joyce Carol Oates autour d’une bande de filles) et cet Atelier, présenté à Un Certain regard en 2017. C’est une saisissante inversion des statuts qui s’est opérée en quelques années : le réalisateur palmé se retrouve en sélection “secondaire” (ou qui, en tout cas, le prive forcément d’une deuxième Palme) tandis que celui qui fut longtemps dans son ombre truste les premiers rangs avec son bouleversant film sur Act Up.

Campillo a également monté tous les films cités plus haut, sauf L’Atelier : pour des raisons d’emploi du temps, il semblait en effet impossible de s’atteler au montage du film de Cantet tout en finalisant 120 battements par minute pour Cannes. C’est la première fois que Campillo ne monte pas un film de Cantet, lui qui s’occupa également des Sanguinaires, de Ressources humaines ou encore de Retour à Ithaque. Cantet, lui, a moins participé aux projets de son partenaire, même si on peut imaginer qu’il a été consulté pour relire ou donner son avis sur les scénarios des films réalisés par Campillo (Les Revenants, Eastern Boys et 120 BPM).

Tout semble se passer le plus naturellement du monde pour les deux hommes ; au fond, la double casquette de co-auteur et de monteur qu’a souvent endossée Robin Campillo est d’une logique à toute épreuve, le montage n’étant qu’une façon d’affiner et/ou de donner corps à la réécriture d’un film. Nul doute qu’on les verra à nouveau travailler ensemble, même si leur fréquence de retrouvailles pourrait bien devenir moins élevée en raison de l’aura plus que naissante de Campillo, désormais considéré comme un réalisateur de premier plan alors qu’il ne fut longtemps apprécié que par les cinéphiles et les amateurs de travail exigeant (Eastern Boys n’était pas le film le plus accessible qui soit).

Lucile Bellan

[Image 2017 © Diaphana Distribution]

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