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Wrong cops une comédie policière de Quentin Dupieux

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Wrong cops

De Quentin Dupieux

Avec mark Burnham, Eric Judor, Marilyn Manson

Durée : 85 mins

Sortie le 19 mars 2014 

Sortie le 19 mars 2014

Ripoux puissance dix !

Quentin Dupieux est en train de s’imposer comme un auteur à suivre de très près. Son cinquième film est un festival d’humour et de situations extrêmes que sert un scénario au cordeau. Mais derrière le délire se glisse un constat pas mirifique de notre société décadente… Déjà culte.

En cinq films, Quentin Dupieux c’est forgé la réputation de cinéaste venu d’une autre planète. La sienne en l’occurrence. Un univers assumant pleinement son côté idiot et décousu avec des histoires dont on prête à croire qu’elles émanent d’un cerveau passablement déglingué. Un pneu tueur qui sème la terreur dans « Rubber », la folie du lifting chez les jeunes dans le désopilant « Steak »… Comme son titre l’indique, « Wrong Cops » part sur un postulat ouvrant la porte à tous les possibles : les mauvais flics. Zidi avait gondolé la France de rire avec ses trois « Ripoux », Dupieux va dynamiter le genre en poussant le bouchon loin, très loin…

A L.A, Duke, un flic pourri et mélomane, deale et terrorise les passants. Au commissariat il a pour acolytes un obsédé sexuel, un flic maître chanteur, un chercheur de trésor au passé douteux, un borgne difforme se rêvant star de techno… Leur système fait de petites combines et de jeux d’influence se dérègle lorsque la dernière victime de Duke, un voisin laissé pour mort dans son coffre, se réveille.

Un scénario béton

Dupieux signe là et de loin son film le plus abouti. Le scénario béton sert une mise en scène toujours aussi déjantée mais le cinéaste maîtrise son sujet. Là où ses précédents films avaient un goût de grand n’importe quoi (jubilatoire certes mais gros foutoir quand même), ce « Wrong cops » sans faire opérer à son auteur un radical tournant l’aligne plus dans le sillage de ses contemporains. Les personnages sont toujours aussi déglingués, le propos toujours aussi drôle et l’imagination des auteurs toujours aussi délurée mais on sent comme une volonté de faire un cinéma sachant utiliser les moyens à sa disposition. Les références par exemple (les frères Coen bien sûr mais aussi John Waters) se multiplient pour mieux servir un style résolument original et un message qui, l’air de rien, s’installe. La coloration sociale prend ici en effet une dimension inattendue, ces incarnant bel et bien la pourriture de notre civilisation. Si l’on ajoute à ce constat décapant du décadent une direction artistique irréprochable, force est de constater qu’on tient là un auteur solide qui pourrait bien faire de l’ombre sous peu à un certain Tarantino…

Franck Bortelle

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