
15, 17 et 19 et 21 mars 2010
Salle Favart
Avec l'Amant jaloux de Grétry, c'est l'esthétique de la France des Lumières qui revit dans un livret plein d'esprit et de finesse, dans une partition éminemment mélodique, dont le mouvement dramatique n'est pas sans rappeler Mozart qui séjourne à Paris.
Cette comédie d'une heure quinze, mêlée d'ariettes a plu et transporte dans le monde plein d'esprit des Lumières. Ce théâtre musical enchante par sa légèreté et sa joie de vivre. Les costumes gais et acidulés de Pierre Emmanuel Rousseau et de Claudine Crauland ravissent : des bonnets de nuit toujours seyants, des bustiers pigeonnants, des tailles de guêpes, des perruques dix-huitième...
Les décors de Thibault Welchlin réservent bien des surprises. Pendant l'ouverture, des projecteurs au sol font place au décor qui apparaît. La bibliothèque suspendue descend tandis que s'élèvent des éléments. On rappelle fort justement qu'à l'époque de Mozart et que depuis, le théâtre est une machinerie, faite d'artifices.
Des trouvailles dans la scénographie : tandis que les deux amants se jurent fidélité et amour éternel, le soir, dans la pénombre, le jeune Français Florival interprété magnifiquement par Frédéric Antoun avec fougue et passion chante à la fenêtre son amour pour la belle Éléonore juste au-dessus de leur tête. Le public a particulièrement apprécié le ténor. Les portes secrètes dérobées ménagent toujours d'agréables effets de surprises pour les personnages qui jouent de connivence avec le spectateur qui en sait plus que lui.

Les personnages féminins de Grétry ont du caractère. Daphné Touchais interprète une Isabelle tendre et romanesque à souhait. La soprano enchante et joue son personnage avec justesse. De son côté, Éléonore ravit et émeut : la soprano illumine par sa douceur et la hardiesse de son personnage. Une des ses ariettes n'est pas sans rappeler l'air de la Reine de la Nuit de La Flûte enchantée. La jeune femme entend forger son avenir et malgré l'interdiction de son père reçoit son amant quand ce premier est couché.
Le jeu des chanteurs est inégal et manque parfois de sincérité : les répliques sont parfois plaquées pour certains. On aimerait que cela soit plus vrai, plus ressenti. Don Alonze semble un peu en dessous, manque un peu de fougue, dommage. Toutefois, la prestation du père incarné par Vincent Billier est un vrai régal. Le baryton-basse séduit, amuse, et convainc toute la salle par sa très belle présence.
Un spectacle joyeux sur les fausses apparences !
Marie Torrès
© Pierre Grosbois.
L’Amant Jaloux
Comédie en trois actes, musique d’André-Ernest-Modeste-Grétry
Livret de Thomas d’Hèle
Créé à Versailles le 20 novembre 1778
Quatre représentations du 15 au 21 mars 2010
Lundi 15 à 20h
Mercredi 17 à 20h
Vendredi 19 à 20h
Dimanche 21 à 15h*
Salle Favart
Métro Richelieu Drouot
Direction musicale Jérémie Rhorer / Atsushi Sakaï *
Mise en scène Pierre-Emmanuel Rousseau
Décors Thibaut Welchlin
Costumes Pierre-Emmanuel Rousseau et Claudine Crauland
Lumières Gilles Gentner
Création maquillage et coiffure Laure Talazac
Assistant musical Atsushi Sakaï
Assistante à la mise en scène Charlotte Rousseau
Léonore Magali Léger
Isabelle Daphné Touchais
Jacinte Maryline Fallot
Florival Frédéric Antoun
Don Alonze Brad Cooper
Don Lopez Vincent Billier
Le Cercle de l’Harmonie
Production Opéra Comique
Coproduction Centre de Musique Baroque de Versailles
(10, 13, 15 novembre 2009)
TARIFS 108 ▪ 87 ▪ 65 ▪ 40 ▪ 15 ▪ 6€
LOCATION 0825 01 01 23 (0,15€/mn) et www.opera-comique.com
| Le quatuor Parisii à L'Espace Bellan < Préc | Suivant > La Lune / Der Mond, un petit théâtre du monde de Carl Orff à L'Opéra Bastille |
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