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    L’Or du Rhin à l’Opéra Bastille

    5 mars 2010
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    L'Or du Rhin à l' Opéra Bastille

    L'Or du Rhin à l' Opéra Bastille::

    Ce prologue des trois journées qui forment le cycle de l’Anneau du Nibelung révèle la source de la malédiction, le vol de l’or des filles du Rhin et débute par un prélude de cordes somptueux.

    Les ondines, filles du Rhin, véritables sirènes coiffées à la Brigitte Bardot, dans leur costume stupéfiant, enchantent par leur voix et font naître le désir concupiscent du lubrique Alberich. Les nymphes frétillent gaiement, prennent des poses de sirènes toute naïves, certaines de leur pouvoir (qui oserait renoncer à l’amour pour voler l’or ?) font de la balançoire comme des petites filles à qui rien ne peut arriver.

    Peter Sidhom incarne un extraordinaire Alberich, le baryton dévoile toutes les facettes du nabot débonnaire et grotesque, et devient sublime en personnage vil, soumis à la concupiscence de l’or. Il révèle la rage violente et désespérée du personnage dédaigné et humilié avec puissance. La scène où il perd son doigt est saisissante de cruauté et de vérisme. Ses imprécations sont terribles.

    3357_EH19La mise en scène foisonne d’idées et fait naître le merveilleux propre à la cosmogonie de Wagner et les décors sont grandioses. La volumineuse boule d’or est magnifique, le château olympien sur lequel s’étendent les dieux, puissant. L’idée des mains gantées des nombreux figurants imitant à merveille les poissons frétillants est magique. Ainsi les filles du Rhin se soustraient astucieusement au désir trop brûlant d’Alberich. Le miroir en fond de scène réfléchit le plateau et évoque le Rhin.

    Sophie Koch, extrêmement applaudie interprète une Fricka, superbe et majestueuse. L’ennui et la contrainte nourrissent le couple des Dieux, Wotan et Fricka cherchent à embellir leur univers par l’acquisition d’un magnifique château. Falk Struckmann, Wotan à Bayreuth dans diverses productions, incarne un puissant dieu qui n’hésiterait pas à vendre sa belle-soeur si son épouse ne l’en empêchait ou à garder l’anneau. Le baryton impose par la munificence de sa voix et par sa présence impériale. Seule Erda interprétée superbement par Qiu Lin Zhang, très applaudie, présence mystérieuse, qui apparaît comme un songe dans une démarche étrange, figure énigmatique, convaincra Wotan de la malédiction de l’anneau.

    Le metteur en scène fait apparaître le dieu du feu Loge comme un clown. Kim Begley incarne un dieu espiègle et sage, plein de compassion pour ces dieux.

    3371_-KDC9609De très belles images restent en mémoire, celles des travaux forcés, écho des galères. Une immense pendule dorée régule le mouvement régulier des forçats rendus esclaves par l’anneau. L’exploitation ouvrière est dénoncée. Le travail à la mine notamment avec les miniers épuisés amassant les lingots pour Alberich. L’image de la torture et des conditions d’esclavage est reprise par le géant qui flagelle du fouet ses ouvriers. Étonnamment, alors qu’ils sont très nombreux, aucun esclave ne se révolte, soumis par la peur toute puissante exprimée à plusieurs reprises par une clameur terrifiante. Enfin, l’ascension des dieux coiffés de casques aux bois de cerf rappelle les olympiades avec les figurants en short blanc.

    Un opéra spectaculaire magnifiquement dirigé par Philippe Jordan, qui plaira assurément à tous les wagnériens.

    Marie Torrès

    Le cycle de l’Anneau du Nibelung à l’Opéra Bastille :
    La Walkyrie

    Siegfried
    Le Crépuscule des dieux

    L’Or du Rhin

    DAS RHEINGOLD
    PROLOGUE EN QUATRE SCÈNES AU FESTIVAL SCÉNIQUE L’ANNEAU DU NIBELUNG (1869)
    MUSIQUE DE RICHARD WAGNER (1813-1883)
    LIVRET DU COMPOSITEUR en langue allemande

    Philippe Jordan Direction musicale
    GÜNTER KRÄMER° Mise en scène
    JÜRGEN BÄCKMANN° Décors
    FALK BAUER° Costumes
    DIEGO LEETZ° Lumières
    OTTO PICHLER° Mouvements chorégraphiques
    FALK STRUCKMANN (4, 10, 13, 16, 22, 25 mars)/
    EGILS SILINS° (19, 28 mars) Wotan
    SAMUEL YOUN° Donner
    MARCEL REIJANS° Froh
    KIM BEGLEY Loge
    PETER SIDHOM Alberich
    WOLFGANG ABLINGER-SPERRHACKE Mime
    IAIN PATERSON° Fasolt
    GÜNTHER GROISSBÖCK° Fafner
    SOPHIE KOCH Fricka
    ANN PETERSEN° Freia
    QIU LIN ZHANG° Erda
    CAROLINE STEIN° Woglinde
    DANIELA SINDRAM Wellgunde
    NICOLE PICCOLOMINI° Flosshilde

    ORCHESTRE DE L’OPÉRA NATIONAL DE PARIS

    8 représentations du 4 au 28 mars 2010

    TARIFS : 180€ 160€ 135€ 110€ 80€ 50€ 30€ 15€ 5€


    Opéra Bastille

    Métro Bastille

    www.operadeparis.fr

    [Visuels : Peter Sidhom (Alberich) et le peuple des Nibelungen. Sur la droite, Wolfgang Ablinger-Sperrhacke (Mime) Crédit : Opéra national de Paris/ Charles Duprat // Falk Struckmann (Wotan) au sommet du globe Crédit : Opéra national de Paris/ Elisa Haberer // (scène finale) Crédit : Opéra national de Paris/ Charles Duprat]

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