Du 16 janvier au 14 février 2011
Opéra Bastille
Avec beaucoup d'émotions, Madame Butterfly dans la mise en scène de Robert Wilson dirigée magnifiquement par Maurizio Benini, revient à l'Opéra Bastille. Micaela Carosi, une des voix verdiennes les plus appréciées du monde lyrique international, triomphe dans le rôle de l'ex geisha.
La mise en scène très statique de Robert Wilson s'appuie avec succès sur le jeu des lumières du fond de scène et un immense espace scénique dépouillé pour laisser les solistes s'épancher avec lyrisme. C'est un opéra de l'âme éminemment esthétique. Selon la situation et l'émotion, le cadre rectangulaire passe du rouge de la colère au bleu de l'amour, de la paix, au blanc scintillant de la lumière. Tout est suggéré, on pense même, au second acte, lors du retour du paquebot de Pinkerton, à un tableau de coucher de soleil de Turner.
Les costumes, sobres, japonais, transportent dans cet univers du Soleil levant. La blancheur des tenues des futurs époux au premier acte s'opposent à la robe noire de Madame Butterfly abandonnée par Pinkerton quelques temps après. Les déplacements particuliers, le jeu des scène, les postures, les gestes réitérés avant la parole achèvent d'inscrire les chanteurs dans un exotisme japonais
Les arrivées et sorties des chanteurs cheminent sur une route sinueuse jusqu'à nous, dans une démarche très stylisée et dans l'ombre en fond de scène. Ils n'apparaissent dans la lumière que tardivement et créent alors un suspens théâtral spectaculaire. C'est le cas du Bonze qui renie madame Butterfly le jour de son mariage. On devine sans un cri la peur du consul qui recule dans l'ombre en le voyant au loin apparaître. On se croirait dans les dessins animés d'Ocelot.
L'arrivée de Mme Butterfly est sublime. Annoncée par le choeur en coulisse, la soprano Micaela Carosi irradie de lumière, précédée de ses dames de compagnie. La cantatrice a été ovationnée dans le second acte. Puissante et émouvante, elle a conquis toute la salle, tandis que James Valenti, fade en Pinkerton, se faisait moins entendre et manquait de puissance. En revanche, le baryton très profond et très sobre, Anthony Michaels-Moore qu'on a vu récemment au Théâtre des Champs Élysées interpréter un exceptionnel Falstaff a séduit dans son rôle du consul. Saluons aussi l'interprétation sensible de Suzuki par la mezzo-soprano Enkelejda Shkosa.
Marie Torrès
© Opéra national de Paris/ E. Mahoudeau
Madame Butterfly - Puccini
TRAGÉDIE JAPONAISE EN TROIS ACTES (1904)
MUSIQUE DE GIACOMO PUCCINI (1858-1924)
LIVRET DE LUIGI ILLICA ET GIUSEPPE GIACOSA D’APRÈS LA PIÈCE DE DAVID BELASCO, ADAPTÉE D’UNE NOUVELLE DE JOHN LUTHER LONG
En langue italienne
Maurizio Benini, Direction musicale
Robert Wilson, Mise en scène et décors
Frida Parmeggiani, Costumes
Heinrich Brunke et Robert Wilson, Lumières
Suzushi Hanayagi, Chorégraphie
Holm Keller, Dramarturgie
Patrick Marie Aubert, Chef de Choeur
Orchestre et Choeur de l’Opéra national de Paris
Durée du spectacle : 3h avec un entracte
Prix des places : 5€, 15€, 20€, 40€, 75€, 95€, 115€, 135€, 155€, 180€
Du 16 janvier au 14 février 2011
Réservations : 0 892 89 90 90 (0,34€ la minute depuis un poste fixe en France) ou sur le site de l'opéra.
Opéra Bastille
Place de la Bastille
Métro Bastille
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Commentaires
Pas d'accord avec une partie de ces commentaires.
Décor inexistant (un simple écran de cinéma), mise en scène de Robert Wilson purement symbolique très décevante sans aucune atmosphère japonaise.
Magnifique prestation de Micaela Carosi et de l'orchestre, mais déception de celle du ténor américain James Valentini, qui a d'ailleurs été hué par une partie du public.
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