Récit
Le 2 Juillet 2009, le rédacteur de ces lignes était à Londres dans l'antre de Hyde Park, pour assister à l'évènement de l'année outre-Manche. Le retour sur scène de Blur après six longues années d'absence. Ce jour-là, le groupe de l'Essex enregistrait le retour de l'un de ses ex-membres en la personne de Graham Coxon, guitariste et co-fondateur du quartette, remplacé par Simon Tong lors de la dernière tournée en 2003. Alors que les frères Gallagher, eux-aussi en tournée, s'insultaient par médias interposés (twitter) et provoquaient leur propre perte, le quatuor emmené par Damon Albarn livrait un concert d'anthologie du côté de Marble Arch. Concert qui fait aujourd'hui l'objet d'un double album live.
Venons-en vite aux faits. Ce disque, capté de manière brute provoque une vraie sensation de jouissance, à tel point que l'ambiance dans le public est presque palpable lorsque celui-ci reprend en choeur les classiques Tender et Country house (« He lives in a house, a very big house, in a country ! »)
Aussi, force est de constater que la set-list aurait difficilement pu être meilleure que celle proposée ce jour-là. Les chansons présentes sur ce Live at Hyde Park sont quasiment toutes issues des premiers disques qui annonçaient le renouveau d'une Angleterre tout juste sortie du Tatchérisme, comme un symbole pour tous ces fans de la première heure.
De leur début en baggys (She's so high, Sunday sunday, Chemical world) à leur expérience tribale (Out of time), en passant par la période britpop (Girls and boys), les quatre fantastiques nous offrent un voyage incroyable à travers le temps. Comme le bon vin, Damon, Graham, Alex et Dave se sont bonifiés avec l'âge et jouent comme si ce concert était leur dernier. Le premier cité crie ses refrains assassins sans craindre l'extinction de voix, le second fait sonner ses guitares à la perfection, soutenu par une ligne directrice (basse-batterie) gérée d'une main de maître, façon Moon/ Entwistle.
« All the people, so many people »
Moments ultimes de ce double live ? Beetlebum, issue de l'album éponyme (Blur-1997) et son riff entêtant à souhait. Ou encore ce Parklife démentiel joué pied au plancher, sur lequel Coxon gratte les barbelés de sa Fender comme jamais, Albarn lui donnant la réplique sur le refrain « All the people, so many people » devant les soixante mille personnes présentes.
Lors des deux rappels, Song 2 et son tempo progressif, This is a low, le psychédélique Death of a party et l'incroyable The Universal rappellent une chose : A l'avenir, dans la réalité ou sur disque, il sera difficile de faire mieux.
En fait, ce double live est exceptionnel. Un objet à acquérir d'urgence.
Olivier Cougot
Blur - All the people - Live at Park 02/07/2009
Sortie le 23 novembre 2009
Retrouvez cet album sur le site de la Fnac.
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