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Lars Vogt et Mikko Franck – Salle Pleyel

20 novembre 2011
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VOGT_Lars_2011_Credit_Felix_Broede

C’est au pied levé que le jeune chef d’orchestre finlandais (encore un) Mikko Franck est venu remplacé Myung-Whun Chung, souffrant. Ce chef de 32 ans, directeur musical de l’Opéra de Finlande depuis quatre ans, a été invité dans de nombreux théâtres lyriques, le MET, Covent garden, la Monnaie, les Chorégies d’Orange… C’est donc visiblement un spécialiste du répertoire lyrique.

Après une longue attente, les musiciens entrent en scène. Lars Vogt s’impose immédiatement par un jeu subtil et aérien. Le chef, quant à lui, a un charisme évident, mais ne peut rien contre quelques défauts de synchronisation dans le premier mouvement. Le pianiste semble parfois vouloir emmener derrière lui l’orchestre tout entier, tant il s’engage corporellement, mais le chef ne transmet pas toujours les mêmes intentions.

Le deuxième mouvement (sur quatre) est une des grandes originalités de ce concerto, puisqu’il s’agit d’un scherzo. Assis sur une chaise qu’il est allé chercher, Mikko Franck semble retenir le tempo dans les passages sans piano, mais Lars Vogt relance la dynamique dès que le piano réapparaît. Cela fonctionne bien, mais on n’est pas certain que cela ait été concerté par les deux musiciens. Le thème solaire du trio est pris dans un tempo rapide et sec, mais le pianiste est ensuite magnifique de sonorités feutrées dans ses octaves agiles et furtives.

Le troisième mouvement, un Andante, opère une nette progression dans la cohésion d’ensemble. Le pianiste, répondant au solo de violoncelle, est particulièrement inspiré. Le quintette à cordes produit de magnifiques pianissimos.

Le dernier mouvement continue sur cette voie. Il est une grande réussite de l’ensemble des musiciens. Très allant, les sonorités des solistes de l’orchestre, un peu dures au début du concert, sont maintenant bien plus douces et aérées. Belle coordination entre le pianiste et l’orchestre, notamment dans les changements fréquents de tempo de ce mouvement.

Le pianiste allemand, très applaudi, interprète en bis une valse en la bémol majeur de Brahms, avec la même élégance. Excellent tout le long de l’oeuvre, Lars Vogt est un pianiste puissant et particulièrement adroit. Il aura fallu à l’orchestre deux mouvements pour se mettre en phase avec le soliste, et nous offrir deux très beaux troisième et quatrième mouvements.

C’est également assis que Mikko Franck dirige la troisième symphonie « Rhénane » de Schumann. Un cinquième cor est ajouté, ce qui semble se faire dans cette œuvre (l’Orchestre de Paris avait aussi procédé à ce renfort l’année dernière). Le chef demeure précis dans ses intentions, mais il reste très économe, scrutant les musiciens de sa chaise pivotante, derrière un pupitre trop grand, seuls ses bras semblent en sortir par intermittence. Comme pour l’œuvre précédente, il faudra plusieurs mouvements avant que l’orchestre ne décolle d’une certaine pesanteur, si ce n’est de très belles parties de cors dans le premier mouvement. Le quatrième mouvement, Feierlich, bien mieux exécuté que les précédents, est connu pour son addition de trois trombones et son caractère de cérémonie funèbre. L’orchestre obtient enfin une belle amplitude, notamment des cordes. Le finale, très réussi, est traversé d’un bout à l’autre d’une dynamique puissante, laissant imaginer ce qu’aurait été le concert dans de meilleures circonstances de répétition. Le phrasé est collectivement magnifique sur chaque accentuation.

Debout pour les dernières mesures, Mikko Franck est très applaudi par le public et les musiciens, notamment les cuivres.

Laurent Torrès

Johannes Brahms
Concerto pour piano et orchestre n°2 

Robert Schumann
Symphonie n° 3 “Rhénane”

Ce concert sera diffusé en direct sur France Musique.

Brahms & Schumann

Lars Vogt, piano

Orchestre Philharmonique de Radio France – www.concerts.radiofrance.fr
Mikko Franck, direction

Vendredi 18 novembre 2011 à 20h

Tarifs : 60 € // 45 € // 34 € // 22 € // 10 €

Salle Pleyel
252, rue du faubourg Saint-Honoré
75008 Paris
M° Ternes

www.sallepleyel.fr

[Crédit : Felix Broede]

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