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Laskiz : « On veut rester dans quelque chose d’assez abstrait »

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Laskiz : « On veut rester dans quelque chose d’assez abstrait »

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Un tout nouveau groupe électro pop se lance. L’occasion pour nous d’aller à sa rencontre, surtout que Laskiz est à suivre de près ! 

Ils sont deux, Louisa et Henri, et ils comptent bien imposer leur univers exalté, enrobé d’une certaine douceur mélodique. Ce couple de musiciens a déjà sorti quatre morceaux sur sa chaîne YouTube. Passant aisément d’une mélodie planante à un son sec et électrisant, il saura vous entraîner dans son trip musical, car ce groupe naissant se distingue d’emblée par un style original et énergique. Les titres allient force et poésiesur des mélodies électro/pop, avec des textes tantôt passionnés, tantôt légers. Toujours en résonnance avec des compositions dynamiques et impétueuses. 

Quels sont vos parcours et comment en êtes-vous venus à la musique ?

Henri : J’ai commencé à jouer de la guitare au lycée. J’ai rencontré des musiciens à la fac. J’ai alors voulu devenir musicien professionnel. J’ai beaucoup travaillé la guitare pendant mes trois ans de licence art et culture à Lille. Puis, je suis arrivé à Paris et en plus de la guitare je me suis mis à la production sur ordinateur.

Louisa : J’ai d’abord fait de la harpe étant enfant, mais cela n’a aucun rapport avec ce que je fais aujourd’hui. Quand je suis venue à Paris pour faire Science-Po, je n’étais pas dans la musique. Pendant mes études j’ai passé une année à Tokyo et une à New-York, où j’ai été plus ou moins intégrée à un milieu artistique (musique, mode, design). J’ai commencé par écrire, plutôt des romans et des nouvelles. Le groupe s’est formé à la suite de notre rencontre, car nous formons un couple à la ville. Henri faisait beaucoup de production de morceaux et m’a proposé de travailler sur un projet à deux. D’ailleurs, ça a tout de suite bien marché. Je faisais les textes et Henri la musique. Cette structure est toujours la même aujourd’hui. Je sélectionne les sons avec lui, puis il élabore la partie instrumentale.

Quel est le processus de composition ?

Louisa : On peut partir d’un texte que j’ai déjà écrit. Mais cela marche mieux quand Henri commence à sélectionner des sons, en fonction de l’humeur que l’on veut donner au morceau, et que le texte arrive dans un second temps.  

photo LASKIZQuelles sont vos influences ? 

Henri : On fait de la pop, mais j’ai beaucoup d’influence hip-hop. D’ailleurs, cela se ressent encore d’avantage dans le deuxième EP, qu’on aimerait sortir en mai. La manière dont on crée les morceaux sur ordinateur donne une touche électro, c’est certain. En tout cas, on essaye de mélanger beaucoup de choses.

Louisa : Nos influences sont très différentes, car avant de rencontrer Henri, j’écoutais beaucoup Air, Joy Division, Velvet Underground. En ce qui me concerne, j’ai moins cette notion du « genre » dans la manière dont j’écris ou interprète. Dans nos morceaux, je considère qu’il y a autant du scandé-parlé de Lou Reed que du chant mélancolique de Moriarty. Cela ne nous empêche pas d’avoir un style précis. En tout cas, on y a travaillé pour notre deuxième EP.

Henri : En effet, dans le premier EP, on a voulu essayer beaucoup de choses. Maintenant, le style est  mieux défini, avec un côté hip-hop clairement assumé.

Quel univers visuel souhaitez-vous pour vos clips ?
 
Henri : On a déjà sorti un clip et un second est en préparation. On a un petit budget. Donc, on a filmé le premier avec une petite caméra. Difficile aussi d’avoir des effets. Du coup, pour la prochaine réalisation, on veut de la créativité. D’où le choix de l’animation, plus exactement de la peinture à la gouache animée. On a laissé carte blanche à notre équipe et nous avons été séduits par de belles propositions.

Louisa : Comme on est en auto production, on sollicite notre réseau d’amis (danseurs, vidéastes, etc.). Par exemple pour le premier clip, c’est une jeune femme de la Fémis qui l’a réalisé. Et nous avons aussi fait nous-mêmes notre pochette, représentatif de notre univers. Un univers assez onirique qu’on souhaiterait également retranscrire en images dans le clip. L’idée de ne pas apparaître nous plaît. On n’a pas envie de se vendre comme un produit marketing. Dans tous les cas on ne souhaite pas chanter face caméra ou se mettre en scène comme Beyoncé (rires).

Quels sont les thèmes que vous abordez ?

Louisa : On veut rester dans quelque chose d’assez abstrait. On préfère évoquer des images plutôt que des personnes ou des lieux en particuliers. Quand j’écris je fonctionne par image et ressenti. On est très cinéphiles et je lis beaucoup, ce qui m’influence dans mon écriture et nourrit les morceaux. Nos textes tournent autour de la mélancolie, mais aussi des joies assez simples de la vie, comme ressentir un rayon de soleil sur sa peau. S’il n’y a pas d’engagement particulier dans nos textes, on aime toutefois raconter une petite histoire autour de grands thèmes qui concernent notre génération.

Henri : Pour moi, si l’on n’est pas militant à proprement parler, ça me paraît important en tant qu’artiste d’essayer d’avoir une voix un peu engagée, vu l’époque et les évènements actuels. Après, ça dépend du style qu’on va développer dans chaque chanson. Ainsi, sans pousser de coups de gueule, on essaye quand même de refléter un peu notre époque à travers nos états d’âme.

Louisa : Oui on n’évoque pas l’actualité de manière explicite. En revanche, on transmet l’atmosphère de la capitale où l’on vit de manière abstraite. Pour l’instant, on préfère garder ce style d’écriture poétique. 

Avez vous des projets de concerts ou d’EP à venir ?

Henri : Le deuxième EP va sortir en mai et d’ici là les clips vont apparaître. On voudrait prendre du temps cet été pour travailler sur une formule live. C’est compliqué d’avoir beaucoup de musiciens sur scène. Comme on est un jeune groupe, on a besoin de bons musiciens pour être crédible. Or, cela coûte cher et on n’a pas encore de budget. On va quand même sûrement intégrer un batteur parce que ça nous semble essentiel. 

Louisa : C’est vrai que ce n’est pas si simple de passer de l’enregistrement au live. On a un petit studio chez nous , où l’on passe notre vie d’ailleurs ! Maintenant, on doit penser à une formule originale qui soit aussi interactive avec le public. L’idée n’est pas de se contenter de balancer une piste ! On aimerait jouer à partir de septembre. Je pense que la rencontre avec le public est décisive pour nous ouvrir de nouvelles perspectives. En plus, c’est souvent une expérience inoubliable.


Propos recueillis par Claire Vernhet


[Crédits Photos 1 et 2 : © Laskiz]

 

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