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Le Roi Roger de Karol Szymanovski fait une superbe entrée à L’Opéra Bastille

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Résumer Le Roi Roger à la lecture du journal et du livret à l’interprétation hâtive et simple de l’aveu d’ une homosexualité émergente du compositeur serait bien réducteur.

 

C’est avant tout un hymne à la vie. Les dieux Pan, Dyonisos et Apollon sont réunis dans la figure du berger. Nature végétale et animale, ivresse, désir, danses, bacchantes, soleil et musique, envahissent le plateau sur lequel on retrouve la piscine chère à Warlikowski, un labyrinthe transparent dans lequel repose une femme, et en fond de scène le soleil qui étincelle au troisième acte.

 

On reconnaît très vite la reine dans le cadavre, corps flottant dans l’eau claire, prémice que le roi Roger a déjà perdu Roxane, la reine qu’il chérit. On comprend alors que malgré leur amour, ce couple est déjà séparé. Elle suivra Bachus dans la forêt comme tant d’autres tandis que Roger, plus réticent, malgré son désir fulgurant, se refusera et acceptera à la fin d’adorer le dieu soleil.

 

Comme un oratorio, dans le premier acte, le choeur entame des chants grégoriens, prières, suppliques repoussées par le roi qui font place par la suite aux inventions harmoniques chatoyantes et sensuelles de l’impressionnisme français, en passant par les relents du post-romantisme allemand, Scriabine, ou le Stravinsky du Sacre du Printemps.

 

On peut ne pas apprécier quelques traits de mise en scène, Dyonisos qui surgit avec un masque de Mickey, et pourtant on se laisse séduire quand il apprend aux petites souris la salutation au soleil des yogis ou par leur farandole. C’est le dieu de la joie, de la fête, de la vie.

 

La chorégraphie du deuxième acte surprend, prête à sourire, mais elle est l’expression même de l’amour, du désir qui vous saisit en dépit de l’âge ou du physique, de ces couples mal assortis aux corps parfois flasques et bedonnants, signe de l’usure du temps mais non de l’appétit de vivre.

 

Marie Torrès

Le Roi Roger

Une oeuvre du compositeur Karol Szymanovski

Un opéra en trois actes ( 1926 )

En langue polonaise

Nouvelle production

 

À l’Opéra Bastille

Place de la Bastille

Métro Bastille

 

Direction musicale Kazushi Ono

Mise en scène Krzysztof Warlikowski

Décors et costumes Malgorzata Szczesniak

Lumières Felice Ross

Chorégraphe Saar Magal

Réalisation vidéo Denis Gueguin

Chef des Chœurs Winfried Maczewski

 

Le Roi Roger II Mariusz Kwiecien

(18, 20, 23, 28 juin et 2 juillet)

Scott Hendricks (25, 30 juin)

Roxana Olga Pasichnyk

Edrisi Stefan Margita

Le Berger Eric Cutler

L’Archevêque Wojtek Smilek

Une Abbesse Jadwiga Rappé°

° débuts à l’Opéra national de Paris

 

Orchestre et Chœurs de l’Opéra national de Paris

 

 

7 représentations du 18 juin au 2 juillet 2009

jeudi 18 juin 2009 – 20h

samedi 20 juin 2009 – 20h

mardi 23 juin 2009 – 20h

jeudi 25 juin 2009 – 20h

dimanche 28 juin 2009 – 14h30

mardi 30 juin 2009 – 20h

jeudi 2 juillet 2009 – 20h

 

Tarifs : 138€ 116€ 89€ 74€ 53€ 35€ 20€ 9€ 5€

 

Informations/ Réservations :

par téléphone : 08 92 89 90 90 (0,337€ la minute)

téléphone depuis l’étranger : +33 1 72 29 35 35

par Internet : www.operadeparis.fr

aux guichets : au Palais Garnier et à l’Opéra Bastille

tous les jours de 10h30 à 18h30 sauf dimanche et jours fériés

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