Sortie le 6 avril 2010
Loin d'une idéologie élitiste obsessionnelle qui consisterait à vouloir devenir les maîtres du monde en sortant LE single de l'année, les Texans de Harlem sortent un deuxième album insolemment intitulé « Hippies ». Enregistré en 2009 dans une distillerie californienne, il est le symbole du je-m'en-foutisme ambiant de la période éponyme évoquée sur la pochette.
Fans inconditionnels du Nevermind de Nirvana, le quatuor garage rock se fend de seize titres essentiels et directs (qui oscillent tous entre deux et trois minutes) en s'emparant des axes du fleuron rock américain avec un son tellement mauvais que cela rend le tout définitivement plus crédible.
A l'image des Richmond Sluts de San Francisco, ces dandys jouent avec leurs moyens et ont des hymnes sincères à revendre. Exorcisés de tout rapport avec les démons de l'industrie musicale américaine, responsable d'horreurs en tout genre, la formation d'Austin impressionne du début à la fin avec des compositions tranchantes basées sur un format guitare, basse, batterie classique. Innocemment, on se prend à chantonner certaines d'entre elles, le sourire aux lèvres (Be your baby, Cloud pleaser), s'imaginant ce qu'était probablement le mouvement Flower-Power, à l'époque où les indéboulonables utopistes véhiculaient une image de la musique assez simpliste.
De fait, au- delà de la contagion résultant de la première écoute de « Hippies », un constat s'impose. Cette deuxième mouture de Harlem revête l'espoir que le rock n'est pas mort et ce, avec peu de moyens techniques. Mais n'est-ce pas ses valeurs ? En 2010, c'est en tout cas une très bonne chose.
Olivier Cougot
Harlem - Hippies
Matador
Sortie le 6 Avril 2010
http://www.myspace.com/harlemduh
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