
Formés en 2001 à Dallas et basés depuis plusieurs années à Austin, les Strange Boys ont l'air de vivre dans le passé, et plus précisément dans les années soixante tant leurs compositions sonnent fatalement comme les bons vieux standards chantés par les légendes américaines comme Johnny Cash ou Elvis ou encore comme les vivants qui officiaient sur le toit du monde à la période référence du groupe (Rolling Stones, Dylan).
Pourtant, Ryan Sambol (Chant/guitare/harmonica) balaye d'un revers de la main (et avec insistance) toute comparaison avec les noms cités, qualifiant l'éventuel rapport avec ses aînés de « ridicule ».
Tout préjugé retiré et à premiere écoute, « Be brave » (deuxième album du groupe) apparaît comme un long voyage sous substances hallucinogènes et offre tous les ingrédients d'un bon disque, l'humour et la désinvolture en plus. Sur I see, Sambol raconte qu'il « voit des têtes dans une pile de fringues, dans un bar de savon, dans un bois ou dans une pierre » ! ; il est plus énigmatique sur Laugh at sex, not her (« Le sex c'est comme le rire, tu peux le faire avec différentes personnes et parfois tu peux te sentir mal après » !) . Ce qui laisse supposer son adoration pour les acides et un sens de l'humour pourtant peu reconnu dans les contrées texanes.
Drôleries
Sur la route qui mène à You can't only love when you want, dernier titre où les cordes sont grattées à la façon d'Arthur Lee de Love, les six Américains déroulent le tapis rouge à une musique folk/blues en perte de vitesse ces dernières années et provoquent le paradoxe en proposant un bol d'air frais, sans innover. La recette ? Des guitares au son clair, des rythmes de batterie à deux temps et des mélodies appuyées par une voix stridente qui rappelle celle du leader de la fratrie Followill. Un point c'est tout. L'éponyme Be brave est l'un de ces singles qui aurait été utilisé pour la promotion des plages californiennes à l'époque où le twist sévissait tandis que Between us aurait très bien pu être jouée par Janis Joplin sur la scène de Woodstock.
Entre drôleries et compositions calibrées pour passer de délicieuses soirées au coin du feu ou dans un cercle hippie comme Dylan et Cash savaient si bien le faire, la deuxième livraison des Strange Boys est globalement réussie. Reste qu'à l'avenir, ils ne devront plus se contenter d'avoir l'air « cool » et devront sans doute se renouveler et sortir de leur machine à remonter le temps.
Olivier Cougot
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Sortie de « Be brave » le 23 février 2010
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