0 Shares 127 Views

Une Cendrillon signée Guillaume Gallienne à l’Opéra Garnier

18 juin 2017
127 Vues
Vincent Pontet Opera national de Paris-Repetitions-La-Cenerentola-16.17---Vincent-Pontet---OnP---70--800

La Cenerentola

De Gioacchino Rossini

Mise en scène de Guillaume Gallienne

Avec Juan José De León, Alessio Arduini, Mauriszio Muraro, Chiara Skerath, Isabelle Druet, Teresa Iervolino et Roberto Tagliavni

En alternance à 19h30 ou 14h30

Tarifs : de 10 à 210 euros

Réservation en ligne ou par tél. au 08 92 89 90 90 (0,35 euros TTC min)

Durée : 3h10

Palais Garnier 
Place de l’Opéra
75001 Paris
M° Opéra

www.operadeparis.fr

Vincent Pontet   Opera national de Paris-Repetitions-La-Cenerentola-16.17---Vincent-Pontet---OnP---70--800 copieJusqu’au 13 juillet 2013

Dans un décor d’Eric Ruf inspiré d’immeubles recouverts de la cendre du Vésuve, la Cenerentola du comédien Guillaume Gallienne flirte davantage du côté du cinéma italien des années 50 que de l’opéra-bouffe concocté par le compositeur Rossini. Dans le rôle-titre, Teresa Iervolino incarne une jeune femme modeste mais déterminée et Roberto Tagliavini un magicien à la voix éblouissante.

Vincent Pontet   Opera national de Paris-Repetitions-La-Cenerentola-16.17---Vincent-Pontet---OnP---81--800Une scénographie fantomatique

D’emblée, c’est un décor fantomatique aux teintes d’ocre et de sienne, aux rouges cramoisis qui accueillent le spectateur de l’Opéra Garnier. Le décor d’Eric Ruf, administrateur de la Comédie Française, évoque les paysages en cendre du Vésuve, les palais italiens détruits par les flammes et l’érosion du temps. Une lumière de soleil couchant donc, signée Bertrand Couderc, vient lécher les murs entourés de cendre grise. Le ton est donné et fait littéralement écho au nom de l’héroïne du conte de Perrault. Pourtant, à la différence du conte de fée qui transforme le carrosse de Cendrillon en citrouille en oubliant son soulier précieux, tordant le cou au drame de la jeune fille avec l’aide d’une baguette magique, l’intrigue de Jacopo Ferretti se déroule dans le palais du baron Don Magnifico, beau père affreux et pervers d’Angelina (Cendrillon) et père de deux affreuses pimbêches prisonnières, comme lui, de leur désir d’ascension sociale.

Vincent Pontet   Opera national de Paris-La-Cenerentola-16.17---Vincent-Pontet---OnP--6--800Pour une farce à la simplicité heureuse

Le reste ressemble plus simplement à la fable et joue sur les travestissements de l’opéra-bouffe comme le Barbier de Séville du même compositeur. Le prince prend le costume de son serviteur pour mieux déceler une éventuelle fiancée, Alidor se fait magicien sous les traits d’un mendiant, bref, comme chez Marivaux, chacun des puissants se déguise pour mettre à nu le désir de l’autre sans tomber dans les pièges de la convoitise matérielle. A l’inverse du personnage de jeune fille fragile, Teresa Iervolino campe une jeune héroïne grave, sensuelle et terrienne, révoltée par le sort qui lui est infligée par ses deux belle soeurs. Sa voix de mezzo, trop timide dans le premier acte, mais beaucoup plus présente ensuite, déploie la chaleur d’un quasi contralto, vibrant et profond.

Vincent Pontet   Opera national de Paris-Repetitions-La-Cenerentola-16.17---Vincent-Pontet---OnP---37--800Une mise en scène à la mélancolie douce amère

Dynamitée par un baron infatué et grotesque, formidable Maurizio Muraro, la mise en scène plonge au deuxième acte dans un no man’s land étrange, surplombé par un échafaudage. C’est le palais du Prince, et le baron, en pantalon de clochard et tee-shirt orange, s’oblige à faire des siennes. Est-ce pour accentuer le ridicule, la vulgarité du personnage et son mépris des autres que le metteur en scène l’affuble d’un tel costume ? Et fait tomber son pantalon ? Si le Don Ramiro de Juan José De León est honorable même dans ses excès, Roberto Tagliavini prouve une nouvelle fois la puissance et la virtuosité de son timbre, avec une diction éblouissante dans le rôle d’Alidor. Sa prestation est magnifique d’autorité et de noblesse et celle d’Alessio Arduini, qui joue Dandini avec une belle vitalité, ne démérite pas. Les deux soeurs, Clorinda (Chiara Skerath) et Tisbe (Isabelle Druet) rivalisent de perfidie et de piquant dans des robes blanches style poupée Barbie, voix et projection parfaites avec carabine à l’épaule pour chasser leur rivales, preuve que l’on peut aussi  s’amuse pourtant beaucoup dans ce spectacle au parti pris curieux, dont il faut saluer la direction vibrionnante d’Ottavio Dantone.

Hélène Kuttner

[Crédits Photos : © Vincent Pontet ]

Articles liés

6e Dimension : Humour, contes et hip hop
Spectacle
109 vues
Spectacle
109 vues

6e Dimension : Humour, contes et hip hop

La Villette présente, pour une série conséquente, la nouvelle création de Séverine Bidaud : « Dis à quoi tu danses ? » La Petite fille aux allumettes, Le Petit chaperon rouge et Le Vilain Petit Canard sont les invités surprise d’un spectacle plein d’humour et de finesse. Voilà la question de la saison des fêtes : On joue ? On conte ? […]

UMA, le musée universel en ligne
Art
173 vues
Art
173 vues

UMA, le musée universel en ligne

Le projet unique que représente UMA (Universal Museum of Art) vient de voir le jour sous l’œil attentionné de ses fondateurs. Cette réalisation en réalité virtuelle a pour but le partage et la transmission de l’art au plus grand nombre. Une nouvelle révolution. Un projet monumental  UMA, qui signifie « ce qui nous lie », en arabe, […]

« Actrice » de Rambert, la vie sans fin
Spectacle
144 vues
Spectacle
144 vues

« Actrice » de Rambert, la vie sans fin

La dernière pièce de Pascal Rambert se déroule autour du lit où se meurt une actrice au sommet de la gloire. Dans cette zone ultime, l’auteur laisse s’engouffrer poétiquement la famille, les amis, l’art, la cruauté, la beauté et la foi en la vie. Alors qu’initialement la pièce a été écrite pour le Théâtre d’Art […]