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Avec Kata, Anne Nguyen réinvente le hip-hop

13 octobre 2017
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Kata

D’Anne Nguyen

Avec Yanis Bouregba, Santiago Codon Gras, Fabrice Mahicka, Jean-Baptiste Matondo, Antonio Mvuani Gaston, Valentine Nagata-Ramos, Hugo de Vathaire, Konh-Ming Xiong

Du 11 au 20 octobre 2017

Tarifs : de 8 à 37 €

Réservation
au 01 53 65 30 00

Durée : 1h

Chaillot – Théâtre National de la Danse
1, place du Trocadéro
75016 Paris

M° Trocadéro
(lignes 6 et 9)

www.theatre-chaillot.fr

Du 11 au 20 octobre 2017

Première mondiale au Théâtre National de la Danse, à Chaillot : dans Kata, sept danseurs et une danseuse créent une ambiance de suspense permanent, en fusionnant la danse break et les arts martiaux. La danse urbaine part sur les chemins d’une société originelle, portée par une richesse inouïe de l’invention gestuelle. Kata, c’est une heure sous haute tension, où le hip-hop devient félin et ciselé, alors qu’il évoque moult situations de guerre, de lutte ou de chasse.

Toujours aux aguets, du début à la fin ! Il y a toujours quelqu’un ou quelque chose à affronter. Sauf que nous ne savons que rarement de quoi il s’agit « au juste ». Aussi, l’imagination du spectateur est en effervescence permanente et connaît aussi peu de repos que les corps des danseurs.

Par ailleurs, Kata n’est pas une manière « artistik » de street-artiser l’orthographe d’un terme lié au cataclysme. Au contraire, ce mot aux racines japonaises désigne les bases universelles des arts du corps et du geste nippon, du judo au kabuki, à savoir des sortes de phrases chorégraphiques que Kata entend s’approprier, réinventer et détourner.

Le défi est relevé

Cet entraînement au combat rencontre donc le défi, forme élémentaire en danse break où l’on danse successivement, à l’intérieur d’un cercle, où la breakdance aime à affirmer sa puissance. Les B-Boys sont comme des chênes qui se mettent à danser.

Dans Kata, ils se transforment en roseaux. Le buste parallèle au sol, dans un esprit animalier, ils enchaînent leurs figures en dessinant en l’air avec leur jambes, tels des calligraphes qui agitent leurs pinceaux. Ce hip-hop à l’encre de Chine se danse comme au-delà de la gravité.

Breakdance meets arts martiaux

Pic KATA 1 Thomas Bohl NB webCar Anne Nguyen fusionne ici la danse break avec sa seconde passion, les arts martiaux.

Adepte de capoeira, de jiu-jitsu brésilien, de Viet Vo Dao et de Wing Chun, elle en récupère la fluidité, la souplesse, la finesse et le goût du contact physique.

Forte de ses études en mathématiques et géométrie, Anne Nguyen analyse les mouvements de la danse et des arts martiaux.

Aussi, elle distingue entre les gestes « inutiles » de la danse et les mouvements du combat, forcément tous « utiles ». Tout dépend de la finalité. La breakdance a, justement, déplacé l’affrontement sur le terrain chorégraphique.

Et « l’inutile » embellit « l’utile »

Dans Kata, la fusion des deux est parfaite et poétique. Anne Nguyen prend les mouvements « utiles » et les rend « inutiles ». Le résultat est d’une richesse inouïe. Chaque danseur reprend les gestes des arts martiaux et les réinvente à sa façon, en toute liberté. On trompe l’adversaire, on l’esquive ou on l‘affronte, tout en s’amusant.

Pic KATA 2 Thomas Bohl NB webDans certains tableaux, on frôle le grotesque, quand on pourrait y entrevoir l’art de Buster Keaton. Les mains fusent, les gestes se brisent. On pourrait se toucher et passer au combat. Mais on reste au stade qui précède, où le contact se prépare et occupe déjà l’imaginaire. Aussi, l’idée du combat ne se dément jamais. Le suspense non plus.

La grande gagnante est ici la surprise. Même si la breakdance et les arts martiaux définissent clairement leurs langages respectifs, personne ne saurait ici prédire le geste qui va éclore à l’instant suivant. C’est dire qu’Anne Nguyen et ses interprètes ont poussé leur recherche vers une richesse des variations qui paraît inépuisable. Kata montre que, en hip-hop, toutes les surprises sont possibles. Et avant tout les meilleures. 

Thomas Hahn

[Photo 1 © Little Shao / Photos 2 et 3 © Thomas Bohl]

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