Judith Chemla incarne son rêve de Traviata
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Traviata, vous méritez un avenir meilleur D’après Giuseppe Verdi Mise en scène de Benjamin Lazar, Florent Hubert et Judith Chemla Avec Florent Baffi le médecin Damien Bigourdan Alfredo Germont Jérôme Billy Giorgio Germont Renaud Charles flûte Elise Chauvin Flora Bervoix et Anina Judith Chemla Violetta Valéry Axelle Ciofolo clarinette Myrtille Hetzel violoncelle Bruno Le Bris contrebasse Gabriel Levasseur accordéon Sébastien Llado trombone Benjamin Locher cor / le baron Douphol Marie Salvat violon Du 6 au 30 septembre 2017 Mercredi 6, vendredi 8, mercredi 13, vendredi 15, lundi 18, mercredi 20, vendredi 22, mardi 26, jeudi 28 et samedi 30 septembre à 20h30 Tarifs : de 11 à 30 euros Réservation par téléphone : 01 46 07 34 50 Durée : 2h05 Théâtre des Bouffes du Nord |
Du 6 au 30 septembre 2017
Elle en rêvait et réalise aujourd’hui son rêve. La Traviata, certainement le plus populaire des opéras de Verdi, est présentée aujourd’hui dans le magnifique écrin des Bouffes du Nord sous une version allégée, épurée, mais avec les plus beaux airs offerts en offrande au public tout proche. Une petite merveille qui sera suivie d’une grande tournée, concoctée par la comédienne et mise en scène par Benjamin Lazar avec des arrangements de Florent Hubert et Paul Escobar. Une mise en abîme de personnages vertigineuse Derrière le voile de tulle blanc qui enveloppe les corps et les visages comme de l’éther, les personnages se débattent, prisonniers de leurs mythes et de leurs rêves (scénographie d’Adeline Caron). Voici Violetta l’héroïne, Marguerite Gauthier dans le roman de Dumas fils La Dame aux Camélias, qui est en réalité Marie Duplessis, une courtisane morte en 1847 en plein carnaval. Une mort sombre derrière le rideau qui s’ouvre sur la fête, royaume des apparences heureuses qui dissimulent des vies sacrifiées. Justement, l’ambiance est au carnaval sombre, lunaire, un bal d’ombres et de lumières comme on en voit chez Mozart, masques énigmatiques d’où jaillissent des éclats d’histoire romantique, Germont l’amant malheureux, Flora l’amie tendre et Charles Baudelaire le mélancolique, l’écrivain Théophile Gauthier et le caricaturiste Daumier.
Chanteurs et musiciens se mêlent, composant un bouquet de personnages vivants et vibrants, sans la pompe solennelle qui accompagne souvent l’ouverture à l’opéra. Et il faut avouer que les arrangements jazzy tricotés avec malice par Florent Hubert et Paul Escobar avec les harmonies originelles sont sacrément réussies, sans aucune irrévérence. La violoniste Marie Salvat semble diriger ce petit monde de sa belle présence, flûte, clarinette, violoncelle, contrebasse, trombone, cor et accordéon pour faire l’orchestre ! La scène est jonchée de fleurs comme une des promesses d’une mort prochaine, et Judith-Violetta, diaphane dans son fourreau de soie vert, le regard fiévreux, halluciné d’amour, nous confie sa passion avec une force et un naturel époustouflant. C’est une femme libre qu’incarne Judith Chemla, ex-pensionnaire de la Comédie Française et actrice de cinéma, dans cette Traviata très personnelle, qu’elle chante de manière absolument sidérante, avec un naturel et une pureté de timbre qui aura certainement nécessité des mois de travail acharné. Frêle et gracile comme une fée sur le grand plateau avec ses grands yeux d’enfant effarouché, la comédienne cantatrice, qui a suivi une double formation de théâtre et de musique, nous offre les plus beaux airs de cet opéra, qui sont loin d’être les plus faciles. Et comme pour ne pas se laisser embarquer par le bel canto ou l’émotion ravageuse, elle interrompt le chant en parlant, comme si l’on retrouvait une jeune femme du 21° siècle. Le procédé, surprenant au début, induit de la fantaisie et de la légèreté dans un propos tragique en rapprochant le personnage du public et en incarnant une femme d’aujourd’hui, malade et prisonnière de sa modeste condition. A ses côtés, Damien Bigourdan (Germont) se révèle formidable. Hélène Kuttner [ Crédit Photos : © Pascal Victor et Pascal Gely ] |
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