Un garçon impossibleDu 20 janvier à 28 février 2009

Une pièce de l’auteur norvégien Petter S.Rosenlund, mise en scène par Jean-Michel Ribes. Un garçon impossible aborde les thèmes de la famille, la folie, les névroses...


La mère de Jim, un garçon plutôt grand pour ses huit ans, est inquiète : il n’entend pas la voix de son grand-père mort. Le médecin à qui il est confié a bien d’autres soucis : il est poursuivi par une infirmière qui s’avère être sa maîtresse, et harcelé sur son portable par sa femme qui cherche désespérément les enfants qu’elle n’a pas pu avoir.
Qui faut-il soigner ? L’enfant, la mère, le médecin, le grand-père pas vraiment mort, l’infirmière dépressive ? De courses poursuites en coups de théâtre, l’aimable compagnie finira par engendrer un serial killer de 8 ans !

« Je n’ai que huit ans et je ne saisplus comment je m’appelle. Je ne possède que ce couteau de plus en plus sanglant‚ et un océan de culpabilité. Pourtant‚ ce ne sont pas mes sentiments à moi. Je ne suis ici que l’ombre de l’enfant que j’aurais dû être.Mais l’enfant n’existe plus. Seule l’ombre continue de grandir. »


La critique

Un garçon impossible au théâtre du Rond-Point : un râle plutôt raté contre l’enfance impossible

La mise en scène d’Un garçon impossible était un pari osé ; Jean-Michel Ribes s’y est  heurté sans convaincre.

Un garçon impossible est avant tout un texte ; un texte dur, violent et résolument contemporain signé du dramaturge norvégien Petter S. Rosenlund.  S’il est difficile de toucher à l’enfance, d’en décrire le cauchemar inacceptable lorsqu’elle est entachée par l’inceste, la violence et le crime, on adhère à la justesse sordide de ce texte qui parvient sans complaisance et demeure éminemment tragique.

La liberté de ton de l’auteur aurait motivé cette mise en scène de Jean-Michel Ribes, ce que l’on comprend, puisque c’est grâce à cette liberté de ton que ce texte arrive à ses fins, au malaise qu’il doit susciter pour accoucher de l’enfance abîmée. Oui, le ton est léger, distant sur des mots crus, et ce décalage agit comme un électrochoc qui dérange forcément. Reste que les mots crus se justifient sur les maux crus et qu’il faut déranger, et choquer encore, pour nous amener vers des douleurs complexes, coupables, ici vengeresses. Le malaise était donc  vibrant dans des mots à lire, et Jean-Michel Ribes a pris le défi de le restaurer par des mots à voir et à entendre. On ne peut pas dire que Jean-Michel Ribes ait pris un faux départ en optant pour un décor inhospitalier qui nous tend d’office ; un décor aux couleurs et motifs bien hospitaliers, pour le coup ! Bas en couleurs, tout en transparence opaque, le décor voit juste en ce qu’il nous plonge nécessairement là où il faut, là où l’on souffre, et d’être transparent, entre autres. Mais si Jean-Michel Ribes a bien commencé en instaurant une ambiance juste et prégnante, il a mal continué car on sort déçu d’Un garçon impossible.  Déçu et dans un autre malaise peut-être, que le malaise attendu.  En effet, plus que d’avoir mal parce que l’inceste ou l’infanticide, on se heurte à des jeux au second degré qui cherchent le rire là où il ne peut être. Les tonalités secondes de certains acteurs relèvent en effet du nuisible en ce qu’elles altèrent la fulgurance du texte, s’essayant à le rendre risible quand il devrait se contenter de sonner grinçant.  Pourquoi donc avoir voulu faire rire là où le rire ne pouvait être désiré par l’auteur, là où le rire ne peut vouloir jaillir de spectateurs qui entendent encore la gravité d’une écriture ?

Aussi, on est étonné, puis rapidement fatigué par les prestations geignardes des deux acteurs a priori phares de ce plateau : Isabelle Carré et Eric Berger. Isabelle Carré incarne une infirmière qui espère beaucoup d’Eric Berger, le médecin marié avec lequel elle a une liaison. Certes il y a de la souffrance derrière cette relation déjà interdite mais elle reste quoiqu’il en soit banale, et c’est de cette banalité même d’une relation vécue par des personnages très normaux que l’on aurait attendu un approfondissement du malaise, de la gêne nauséabonde qui aurait dû naître d’un décalage entre les souffrances acceptables et celles qui ne le seront jamais. Oui, on comprend que l’on aille vers un jeu cru et délirant avec les personnages  du grand-père et père, bourreau violent et pédophile, de la mère victime de ce père odieux, et de l’enfant enfin, victime de la folie de ces deux premiers. Jean-Yves Chatelais, Hélène Viaux et Micha Lescot , qui interprètent ces trois là, les jouent à merveille et font que le spectacle n’est pas gâté de bout en bout. Il n’empêchent pourtant qu’Isabelle Carré et Eric Berger, apparemment aspirés par un jeu fou, ne tranchent pas, se mêlent à la folie ambiante sans trouver leur place, ajoutant une cocasserie hors de propos qui noie le spectacle et le gâte, au final.

En définitive, le pari est manqué, le spectacle s’est leurré, et l’on reste sur un texte que l’on aimerait découvrir autrement valorisé ! On peut toujours y aller pour admirer la tentative, mais ce sera tout.

Christine Sanchez


Un garçon impossible

De Petter S.Rosenlund
Traduit du norvégien par Terje Sinding

Mise en scène de Jean-Michel Ribes

Avec Éric Berger, Isabelle Carré, Jean-Yves Chatelais, Micha Lescot et HélèneViaux.

Du 20 janvier à 28 février 2009 à 21h
Le dimanche 15h // Relâche les lundis

Plein tarif : 33 euros
Tarifs réduits : groupe (8 personnes minimum) 20 euros / plus de 60 ans 24 euros
Demandeurs d’emploi 16 euros /moins de 30 ans : 14 euros / carte imagine R 10 euros
Réservation au 01 44 95 98 21 ou 0 892 70 16 03


Théâtre du Rond-Point
Salle Renaud-Barrault 
2bis, avenue Franklin D. Roosevelt
75008 Paris
M° Franklin D. Roosevelt ou Champs-Élysées Clemenceau
 

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