0 Shares 462 Views

« Douce-amère » : Michel Fau et Mélanie Doutey couple à la dérive

Hélène Kuttner 30 janvier 2018
462 Vues

© Marcel Hartmann

Dans des décors à l’orange furieux et aux courbes très seventies, Michel Fau dépoussière une comédie en forme de vaudeville écrite par Jean-Poiret (« La Cage aux folles ») abécédaire du couple passé au tamis de l’ironie et de la causticité. Mélanie Doutey y est belle et piquante, Michel Fau mordant, mais l’ensemble parait au final trop bavard.

Le jeu de l’amour et de la perversité

© Marcel Hartmann

Tout juste sorti du « Tartuffe » de Molière où il incarnait le diabolique hypocrite face à Michel Bouquet, Michel Fau, acteur démoniaque et formidable metteur en scène, se saisit d’un vaudeville conjugal des années 70 qui lui permet d’incarner un mari possessif et un brin pervers, Michel, dont la ravissante épouse de trente ans, Mélanie Doutey, se lasse depuis quelques mois. Michel, bavard incorrigible, philosophe de salon, disserte sur le monde qui l’entoure, les auteurs qu’il édite, sa femme qu’il pense dominer avec l’art et la manière de ceux qui ont tous compris sur les autres. Le texte de Jean Poiret tient de Marivaux et de Sacha Guitry, mais aussi d’un cynisme ancré dans l’époque de la libération sexuelle en 1970 et de l’individualisme bourgeois. A cet égard, Michel Fau se délecte d’une prose un peu alambiquée, faite de bons mots et de clichés pulvérisés à l’acide, et le spectateur aussi.

Un décor en forme de podium 

© Marcel Hartmann

Le spectacle joue à fond la carte de la nostalgie avec une scénographie circulaire qui tourne sur le plateau, un divan rouge et blanc en forme de vague et des objets plastiques escamotables. Dans leur appartement aseptisé comme un studio télé, le couple s’amuse ici à échanger ses partenaires, surtout Elisabeth qui multiplie les relations avec la détermination d’une Messaline aux prises avec la sensualité de Célimène. Les costumes, pantalons pattes d’éléphants et combinaisons aux couleurs de fleurs exotiques, donnent aux acteurs des allures de mannequins, tout en soulignant également l’ironie, les clichés des situations. Mélanie Doutey tient son personnage avec une belle énergie, beaucoup d’éclat, sans que l’on puisse vraiment percer le mystère du personnage féminin. Christophe Paou dessine avec finesse un médecin obsessionnel et mélomane, David Kammenos un coureur automobile saisi par la lenteur et Rémy Lacquittant un beau gosse mal dégrossi mais cocasse.

Hélène Kuttner

Articles liés

MÉMO: Immersion dans la culture hip hop
Art
503 vues
Art
503 vues

MÉMO: Immersion dans la culture hip hop

Du 2 février au 31 mars 2018, la culture hip hop investit le Pavillon Baudouin à Paris. L’occasion de revenir sur ce mouvement qui fêtera bientôt ses cinquante ans. Aujourd’hui, on ne compte plus le nombre de lieux dédiés à la culture urbaine (le 104, l’Aérosol, l’association Hip Hop citoyen, ou encore plus récemment le centre […]

Par nos chemins noirs – Cie Musique en perspective – Mairie du 3éme
Agenda
36 vues
Agenda
36 vues

Par nos chemins noirs – Cie Musique en perspective – Mairie du 3éme

La compagnie “Musique en perspective” soutient la création d’évènements artistiques: concerts, opéras de chambre, spectcles muicaux qui relient la musique à d’autres formes d’art comme la littérature, la poésie, les arts plastiques, la vidéo. La compagnie existe depuis le début des années 1990 et a donné ses spectacles en région Île de france, Bretagne et […]

Trois Sacres – Théâtre du 13éme art
Agenda
80 vues
Agenda
80 vues

Trois Sacres – Théâtre du 13éme art

Vous la connaissez comédienne, découvrez-là danseuse. Pour ce spectacle, Bérénice Bejo s’associe au chorégraphe Sylvain Groud. À la faveur d’un renversement, le corps masculin est présenté au regard d’une femme. Trois Sacres éprouve les mécanismes d’attraction, donne la parole au désir féminin. Servi par la force d’un triptyque: la musique tellurique du Sacre du Printemps, […]