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El Baile : Buenos Aires, sans fard

Thomas Hahn 17 novembre 2017
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A Chaillot, une plongée dans l’histoire récente de l’Argentine, dans un social club très authentique. Sur une collection de musiques des années 1970 à aujourd’hui on danse, on se dispute, on se séduit. On a peur, on se passionne, et on danse encore. Dehors, les bouleversements de l’histoire : La dictature, la crise économique, le foot, les chiens et la violence militaire.

Il était une fois… « Le Bal » : Une pièce de théâtre sans paroles de Jean-Claude Penchenat, dont le célébrissime Ettore Scola tira son film fétiche. Aujourd’hui, « Le Bal » a une suite, sur les planches. Mais la pratique de la danse a bien changé, en France. Peut-on, aujourd’hui encore, condenser l’histoire de la France dans une salle de bal? Le « Petit bal perdu » que chantait Bourvil, il est bien perdu…

© Christophe Martin

Tous Argentins !

Mais il y a Buenos Aires! La ville du tango et des milongas, où on continue de se rencontrer et de danser ensemble. C’est là que Mathilde Monnier est allée, directement sur place au Rio de la Plata, pour s’imbiber de cette ambiance désuète et pourtant pleine d’énergie vitale, qu’elle restitue sur le plateau, superbement transformé en Social club par la scénographe Annie Tolleter.

On ne ferait pas une pièce sur l’Argentine sans Argentins! Aussi Monnier a-t-elle recruté à Buenos Aires même les interprètes directement qui viennent en partie des danses sociales, mais avant tout de la danse contemporaine. Par leur énergie, leurs gestes et leur danse ils incarnent les soubresauts de la société argentine, avec chaque fibre de leurs corps.

© Christophe Martin

Sans nostalgie

Tout commence par du tango électro. Mais « El Baile » n’est pas une pièce sur le tango. Si « Le Bal » du Théâtre du Campagnol retraçait l’histoire de la France après-guerre de façon chronologique, Mathilde Monnier et son dramaturge, l’écrivain argentin Alan Pauls, nous introduisent dans un univers où les époques s’entrechoquent et se superposent, dans un pays qui ne cesse de retomber dans les mêmes cycles de perte et de regain d’espoir.

En évitant la nostalgie qui traverse les grands classiques du tango, « El Baile » est une pièce lucide, ironique, parfois grotesque et donc pleine de fraîcheur. Cette fresque chorégraphique marque par ailleurs le retour de Mathilde Monnier à la création. La directrice du Centre National de la Danse, venue à Paris depuis Montpellier où elle a dirigé le Centre Chorégraphique National pendant plus de vingt ans. Il lui fallait donc revenir avec un objet chorégraphique spectaculaire. C’est réussi. Le bal est retrouvé.

Thomas Hahn

 

 

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