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Feu la mère de Madame au Lucernaire

6 janvier 2009
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feulamere

 

Outre le plaisir d’une ambiance chaleureuse de théâtre et l’assurance d’un vaudeville efficace, fort de son succès à travers les décennies, on apprécie un tout. La mise en scène est audacieuse, une approche ludique et presque cinématographique sert à situer le contexte et amuse d’emblée. Un homme et une femme fignolent le décor sans retenue, entonnent quelques mélodies du début du 20ème siècle et mettent tout simplement le public au parfum avec sa complicité. Ils engagent une connivence, installe un recul et une mise en abîme, « le spectacle a bien commencé, nous jouons nous-mêmes sans que vous y prêtiez attention et voici ce que vous allez voir maintenant » ont-ils l’air de nous insinuer. Après quelques rappels socio-historiques et les derniers détails ajustés, le couple se retire et la pièce débute dans la foulée. C’est la fin des didascalies, comme s’ils avaient été des intrus dans un décor figé, ils s’effacent pour laisser place une histoire, une scène, qui, on l’eu cru, n’était qu’en suspend, sur pause. Cette ouverture habile rend cette comédie plus contemporaine qu’elle ne l’est déjà, on ne se sent donc pas lésé par l’arrivée d’une pièce vieille d’un siècle et voilà une amorce qui incite à un regard actuel. Mais le jeu effréné et le juste ton de Stéphanie Caillol et Hervé Devolder font le reste.Ils interprètent, aux côtés de Rachel Pignot et Franck Vincent, la démesure, le burlesque et le réalisme propres à l’œuvre de Feydeau. Cette histoire banale et incongrue à la fois, de querelles d’un couple petit-bourgeois mêlée à des situations absurdes, et des rebondissements théâtraux sont sans prétentions, juste comiques et finement amenés. Alors on rit de ce trop court instant de théâtre, un acte, qui passe les âges et les époques pour divertir, rien de plus, sinon se moquer de soi-même. La mise en scène tonique d’Hervé Devolder peut se féliciter de son efficacité, sans grands airs.

En somme, on se sent chez soi, à l’aise devant Le Feu la mère de Madame, avec une impression de réconfort, de plaisir simple. Malgré le temps et les modes, la pièce, objet de notre patrimoine, semble garder sa fraîcheur sans tropen faire. Juste ce qu’il faut.

 

 

Hélène Martinez

 

Mise en scène de Hervé Devolder
Avec Stéphanie Caillol, Rachel Pignot, Hervé Devolder, Franck Vincent

 

A partir du 7 Janvier 2009

Du mardi au samedi à 18h30 et le dimanche à 17h

Tarif: 15 et 20 euros

 

Théâtre du Lucernaire

53 Rue Notre Dame des Champs

75006 Paris

Métro Notre Dame des Champs

 

 

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