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Franck Vincent

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Tout jeune déjà, Franck Vincent avait l’habitude d’aller voir des spectacles avec sa mère, mais c’est à ses dix-sept ans que le théâtre s’est véritablement imposé à lui. Alors, il arrête l’école et prend des cours d’art dramatique. Dans ce domaine, c’est Ada Lonati qui lui a tout appris, du moins, tout ce qu’il n’a pas appris en jouant, le métier de comédien étant, pour lui, quelque chose qui s’acquiert avec l’expérience.

Acteur polymorphe.

Acteur de formation, Franck Vincent n’a pas qu’une corde à son arc. De spectacles en spectacles, une rencontre amenant l’autre, il s’initie progressivement au chant. En 2001, étant engagé par Belkacem Tatem comme interprète dans la comédie musicale La petite boutique des horreurs de Menken et Ashman, il apprend à chanter d’abord de manière autodidacte, puis en prenant des cours auprès de Yaël Benzaquen. Mais cet acteur polymorphe, comme il aime à se décrire, n’a pas voulu arrêter là son apprentissage des arts de la scène et s’est également mis aux claquettes.

S’il cherche autant à diversifier sa palette artistique, c’est que ce saltimbanque considère le spectacle vivant comme un tout qui n’a pas à être cloisonné en différents genres. « Les acteurs de théâtre devraient aller plus souvent voir des comédies musicales et inversement » commente-t-il, estimant que chacun aurait plus à gagner à adopter une conception large du spectacle plutôt que de chercher à spécifier les disciplines en différentes catégories, comme c’est particulièrement le cas en France.

 

Car c’est bien la scène prise comme un tout, et tout ce qu’elle peut recevoir, qui inspire Franck Vincent. S’il a eu l’occasion de faire un peu de cinéma et de télévision, il avoue s’ennuyer assez vite sur un tournage. Il faut dire qu’il aime par-dessus tout le contact avec le public, cette tension qui émane de la salle et qui fait sentir aux acteurs que le spectateur est actif lui aussi, présent à ce qu’il se passe. « Mais ce contact particulier avec le spectateur a tendance à se perdre », regrette-t-il, « le public devient peu à peu un public de cinéma ou de télévision qui a une attitude plus passive ». Il refuse de s’y résigner.

 

Une approche instinctive de la scène, en quête de justesse et de dosage.

Franck Vincent caractérise son approche de la scène comme instinctive et non intellectuelle. « Ce qu’il faut d’abord, c’est jouer la situation » indique-t-il. « Il faut apprendre le texte, le jouer, puis ensuite on fait le tri avec ce qui vient. D’abord jouer la situation de manière juste, suivant le bon dosage et en fonction des conventions de jeu, puis viennent les sentiments, les émotions, l’histoire du personnage. C’est du moins ce que l’on m’a appris », précise-t-il. Mais c’est aussi en observant les gens qu’il puise l’inspiration de son jeu, les démarches des uns et des autres formant comme des banques de données à partir desquelles il travaille, toujours suivant la bonne mesure. Mais si cette approche instinctive et cette recherche de justesse sont comme un terreau de base, Franck Vincent dit ne pas vraiment avoir de méthode, « encore une fois tout dépend de la situation, du personnage, de la pièce » indique-t-il. Aussi, il reconnaît qu’il peut aussi bien suivre les méthodes de Stanislavski que celles de Jouvet, ce qu’il cherche avant tout, ce n’est autre que la juste tonalité.

 

De l’émotion avant toute chose.

Peu importe la méthode, donc, ce qui compte vraiment pour Franck Vincent, c’est qu’il y ait de l’émotion, c’est que quelque chose de vivant surgisse sur scène et que le spectateur soit touché. Par le théâtre, cet acteur ne cherche pas forcément à délivrer un message, il veut avant tout que le public se fasse plaisir, qu’il rit, qu’il pleure et sorte de la salle le cœur rempli. « Avec Hervé Devolder, c’est ce que l’on a l’impression de faire dans Chance, et c’est un véritable régal », précise-t-il. Dans le rôle du Boss, qu’il interprète en alternance, Franck Vincent a, en effet, l’impression d’apporter aux gens un rayon de soleil, ce qui, par les temps qui courent, n’est pas rien. Il sera sur les planches dans cette comédie musicale jusqu’à la fin du mois de septembre. Entre autres projets à venir, Franck Vincent jouera cet été dans Méditerranée, de Francis Lopez, une pièce qui sera représentée dans le cadre du festival d’opérettes d’Aix-les-bains.

 

Quel est le premier évènement artistiquement marquant de votre vie ?

– J’hésite entre la performance d’Isabelle Adjani dans L’Ecole des femmes, dans le rôle d’Agnès, réalisé par Raymond Rouleau, et celle de Laurence Olivier dans Hamlet. Les deux ont agi sur moi comme une claque.

 

Vous sentez-vous proche de vos maîtres ?

– Oui, je me sens affectivement très proche de celles que je considère vraiment comme mes maîtres : Ada Lonati et Yaël Benzaquen.

 

En quoi aimeriez-vous vous réincarner ?

– En un chêne, pour la tranquillité et la pérennité, parce que c’est un symbole de sagesse.

 

Croyez-vous en l’existence d’un mot, d’un geste, d’un son, d’une image absolu ?

– Je crois au nombre d’or, c’est un signe qu’il y a une juste proportion donnée dans la nature.

 

Quelle dimension tient votre travail dans votre vie ?

– Mon travail occupe une place centrale dans ma vie.

 

Chloé Goudenhooft.

 

Lien vers la critique de Chance :

http://www.artistikrezo.com/theatre/comedie/chance-au-palais-des-glaces.html

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