0 Shares 4 Views

Ashes, entre chaos et merveille

koen-augustijnen

 

 

Après bâche (2004), puis IMPORT/EXPORT (2007), ce chorégraphe flamand revient au Théâtre des Abbesses avec une création sublime, tendue dans la finesse d’une  énergie vitale donnée en nuances.
Un décor chaotique, futuriste peut-être,  se dresse à l’arrière, imposant mais discret.  Si l’avant-scène est l’espace premier d’évolution des danseurs, ceux là n’hésitent pas à fondre leurs corps mouvementés à l’irréalité du décor, à s’imposer sur le domaine en hauteur où  vivent d’abord des musiciens.
Ashes peut se vanter de se positionner avec justesse où la contemporanéité s’affirme sans refoulement d’un héritage classique. Le classique au contraire, se retrouve au fondement d’une œuvre qu’il soutient merveilleusement puisque la chorégraphie est déployée sur un choix d’arias de Haendel, arias rendues en live par de talentueux musiciens, le chanteur lyrique Steve Dugardin accompagné d’une soprano. De l’irrégularité du mouvement des danseurs hommes et femmes qui peuplent le plateau, le classique émerge encore ; il est là, sous-jacents et survient dans ce qui ressemble à des spasmes où l’inconscient rappelle à la mère des danses tout en s’en éloignant.
Au-delà des performances irréprochables des interprètes d’Ashes, c’est la transmission d’un onirisme résolument contemporain que l’on a envie d’applaudir au terme de la représentation. Ashes nous parle et parvient dans la langue du corps à ce qu’un texte très concret de théâtre n’arrive que rarement. Ashes nous raconte la vie dans ce qu’elle a de plus fascinant sans doute : l’instinct de survie. Les corps des danseurs montrent l’effroi, les sursauts, les chutes et  renaissances, les abandons, les pertes ou retrouvailles de soi, de l’autre. Et c’est beau d’admirer cette lutte nerveuse que mènent les danseurs, en cris et en sourire, seuls ou ensemble, mais pour la vie, toujours.
Une chorégraphie émouvante en laquelle puiser  des frissons de violence et de douceur, et où l’on se régale encore d’une noirceur qui n’altère pas le lyrisme, d’une douleur qui n’ôte pas l’espoir, d’une vivacité qui renaît toujours, jusqu’à la nécessité d’un crépuscule.
Christine Sanchez

Le Théâtre de la ville présente Ashes

Mise en scène : Koen Augustijnen
D’après des compositions originales de G.F Haendel.


Du 3 au 14 mars à 20 h 30

Location : 01 42 74 22 77
Tarif : de 12 à 23 euros.

Les Abbesses
31, rue des Abbesses
75018 Paris
Métro Abbesses

Articles liés

Festival des Photaumnales aux couleurs de la Caraïbe
Art
28 vues
Art
28 vues

Festival des Photaumnales aux couleurs de la Caraïbe

Pour sa 14e édition, le Festival des Photaumnales de Beauvais ouvre ses portes jusqu’au 31 décembre 2017. À partir d’archives et de collections privées, des photographes contemporains mettent en avant les territoires de la Martinique et de la Guadeloupe. Avec leur regard attentionné, les 36 photographes invités nous plongent d’emblée dans diverses époques et milieux. Issus […]

Sulki et Sulku nouveaux héros de Jean Michel Ribes
Spectacle
32 vues
Spectacle
32 vues

Sulki et Sulku nouveaux héros de Jean Michel Ribes

Echappés de « Musée Haut, Musée Bas » où ils figuraient en tant qu’oeuvres d’art, Sulki et Sulku sont les nouveaux héros de Jean-Michel Ribes incarnés par de jeunes comédiens épatants, Roman Cottard et Damien Zanoly. Des Bouvard et Pécuchet coincés dans une installation muséale contemporaine high tech qui n’arrêtent pas de jaqueter comme des coqs mondains. […]

Jeanne – Théâtre du petit Saint-Martin
Agenda
37 vues
Agenda
37 vues

Jeanne – Théâtre du petit Saint-Martin

C’est pas parce qu’elle est vieille et seule qu’on doit lui sourire bêtement. Entre comédie et drame, la pièce décrit le fossé parfois profond entre les solitudes et les politiques sociales plus électoralistes que sincères. Jeanne est une fonctionnaire à la retraite. Demoiselle, elle vit seule dans son appartement parisien en haut d’une tour. Son […]